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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 10:22

 

Il était une fois la vraie vie et si parfois, elle commence comme un conte de fée, le mariage magnifique n'est pas toujours suivi de « ils eurent beaucoup d'enfants et vécurent heureux jusqu'à la fin des temps ».

L'auteure n'a pas son pareil pour nous plonger dans des vies vraies, truffées de petites joies, parsemées de grands malheurs, piquées de moments de folie.

Des vies de couples où l'on se retrouve dans ces interrogations difficiles et récurrentes qui doivent mener au partage et au compromis.

Des vies de familles où l'on se souvient des tensions dans la fratrie, des chamailleries et des grandes réconciliations.

Des vies de parents où après l'émerveillement de la naissance vient toujours le dur chemin de l'éducation et de ses conséquences.

Un roman plein d'émotions, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai vécu une autre vie pendant le temps d'un livre.

 

« Les échecs, les déboires ne les prenaient jamais au dépourvu, c'était toujours très au-dessous de toutes les avanies qu'ils avaient prévues. »

 

« J'ai les yeux trop fatigués. D'ailleurs, avec cette écriture ! On dirait qu'une araignée est sortie d'un encrier à moitié ivre. »

 

« L'Irlande ne s'est jamais amusée comme l'Empire britannique, à toujours chercher noise aux autres pays européens. Nous, nous ne nous mêlons pas des affaires des autres. »

 

Non, décidément, la vie n'est pas un long fleuve tranquille… Plutôt un torrent plein de remous avec parfois, au détour d'une courbe, un plan d'eau faussement tranquille qui détourne un moment le courant de la vie…

Et pourtant, quelle est belle la vie quand l'amour et l'amitié sont présents pour à jamais perpétuer l'espoir.

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 10:16

 

Quelle gouaille mes amis, de l'bwesse à biestries au pourri djône, le monde truculent d'un village perdu du fin fond de la province de Namur ne peut que nous mettre en joie.

Et l'on retrouve alors les jeux oubliés de nos propres parents, sans internet, sans GSM, sans télévision même, et c'est alors la chasse aux hannetons, la capture des lucioles et le plaisir des balades en vélo. Si on ajoute à cela la fabrication d'arc et de flèches, d'une baliste et de boulets, juste pour reproduire en vrai certaines batailles entre Buffalo Bill et les tribus indiennes, on ne peut que s'émerveiller de l'imagination créative de ces môdi djônes.

Nom di djo !, c'était un temps où le maître d'école était encore respecté ; un temps où Mr le curé avait l'oreille attentive des enfants et servait de conciliateur entre eux et leurs parents ; un temps où l'on trouvait de tout à l'épicerie du coin, des conserves au papier à lettres, des torchons aux bons conseils de vie ; un temps où l'on courtisait doucement avec les joues en feu ; un temps où les bébés naissaient encore dans les choux ;-)

 

« L'ange gardien, c'est un couyon. Et la sœur qui nous a dit que c'est un garçon, elle s'est sûrement trompée. Les garçons, ça ne pleure pas si facilement. Donc, c'est probablement une fille. »

 

« L'homme n'était pas beau. Il était affligé d'une tête plate avec de gros yeux saillants, une large bouche et n'avait vraiment pas de menton. Avec ça des pattes grêles et des pieds trop larges, il évoquait le batracien, si bien que dans sa propre famille, on ne l'appelait jamais que le « mononque Guernouille » et le sobriquet, s'évadant du cercle confidentiel, avait fait fortune. »

 

« Mais il faut gâter les enfants de façon rationnelle, jalonner leur vie de faveurs et de cadeaux auxquels ils donnent les dimensions des grands événements. Quand votre gamin sera un homme, il se souviendra du vélo comme du symbole merveilleux de la tendresse de ses parents. »

 

« Ici-bas, tout est décidément affaire d'amour. Oui, ce qui fait les miracles, c'est cela : un cœur pur d'enfant où Dieu reconnaît un reflet de son amour. »

 

« Le cœur du peuple, souvent, a de ces trouvailles délicates. Il ne donne pas. Il se donne. Qui le regarde de haut et parfois le méprise en bloc ferait bien de profiter de la leçon. »

 

« On l'a vu, le gamin pensait de préférence en wallon. Il estimait qu'en certains cas, le wallon donne à la pensée une vigueur dont le français n'est guère capable, bridé qu'il est par la règle d'élégance et parfois de décence. »

 

C'était un temps où l'on prenait le temps de vivre ; un temps où la famille était vraiment importante même si certains n'échappait pas à l'ironie des autres ; un temps où le village entier faisait partie de la famille, de la grenouille de bénitier au premier de classe boutonneux en passant par li pourri djône ; un temps oublié de nos jours mais qu'il est bon de découvrir ou redécouvrir le temps d'une lecture.

Un coup de cœur, une tranche de rire et une belle plongée dans notre beau wallon si coloré. Et pour ceux que cela effraie, rassurez-vous, les passages concernés sont bien traduits ;-)

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 09:41

 

Et voilà un petit bijou qui dort dans ma bibliothèque depuis plus de 30 ans !

Comment ai-je pu passer à côté de cette saga, je me pose toujours la question ;-)

Et c'est bien d'une saga qu'il s'agit, « Grand-Cap » étant le premier livre de six tomes qui me font maintenant un clin-d’œil permanent :-)

L'histoire est simple, bouleversante, éternelle : un fils de bonne famille renonce à son héritage pour épouser la fille qu'il aime de tout son cœur ; ensemble, ils vont construire un nid d'amour tout en exerçant le dur métier de charbonnier ; ensemble, ils vont élever une famille forte de trois beaux et forts garçons, une famille où l'amour, le pain des pauvres, remplace largement toutes les richesses. Et puis, la guerre, la laide, la sale, celle qui fut appelée la Der des Ders et qui a fait tant de ravages, balaie ce bonheur qui pourtant semblait ne jamais devoir finir…

Et le tout, sur fond du chant des cigales, sous le chaud soleil de Provence, là où les fruits gorgés de chaleur tombent du ciel, où la vigne produit sans vraiment d'efforts, où les effluves de lavande et de thym embaument toute l’atmosphère.

L'auteure, d'une plume vivante et colorée, riche de l'accent du midi, nous ouvre grand la porte de la vie des gens du Sud bien avant que toute le région ne se soit transformée en une terre à touristes. Et c'est bon, c'est profondément émouvant et on veut juste rester dans ce cocon où, même si le soleil luit souvent et où la chaleur ralentit les mouvements, on subit aussi les malheurs du monde, la pauvreté et la mort.

 

« Dans sa lutte contre le chêne, l'homme, abîmé par la guerre, avait été le plus faible et l'arbre, en mourant, l'avait tué. »

 

« Sur la cheminée de la cuisine, j'avais mis tous les pots : « Sucre, café, farine, thé, et épices ». Mais du thé, j'en avais pas et des épices non plus, alors, dans « Thé », j'avais mis du thym et dans « Épices », du laurier, parce que ça sert pour les sauces et que comme ça, tous étaient garnis quand même. »

 

« Mère, je n'en pouvais plus de falloir tuer des gens pour les empêcher de me tuer. »

 

« Il pleut dans le bois, les arbres vous mouillent, on a beau s'entourer les jambes de bandes de toile attachées par des ficelles, l'eau passe à travers. Ce n'est pas un métier facile que celui que le père m'a donné : bûcheron, charbonnier, toujours dans les bois avec des arbres qu'il faut tuer pour vivre ! Et risquer un jour d'être tué par eux, comme le père. »

 

« Elle a de la peine de le voir avec une figure si grise dans cette chemise de toile, blanche et raide comme un mur neuf, et ces mains sans chair qui mettent sur le drap deux longues bêtes à cinq pattes. »

 

Un court roman, c'est vrai mais quel puissance d'évocation, un coup de cœur pour moi :-)

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:15

 

Une écriture coincée, ampoulée, calculée qui finalement tue le sentiment aussi fort soit-il…

L'illusion de l'amour ou encore l'image de l'amour par un adolescent égoïste qui, au lieu de construire, ne fait que détruire au même rythme que la guerre qui gronde…

Je n'ai pas vraiment accroché, ni à l'histoire, assez banale somme toute, ni au style, trop surfait pour moi !

 

« J'oubliais si vite son fiancé, qu'au bout d'un quart d'heure de marche, on m'aurait surpris en me rappelant que, dans cette chambre, un autre dormirait auprès d'elle. »

 

Il faut dire que le tapage est grand pour un gamin qui n'a finalement que deux ans de moins que sa conquête. Certes, il est mineur, sa conquête aussi finalement même si elle est mariée et se comporte d'une manière un peu simplette dans le contexte.

Beaucoup de bruit pour un roman, beaucoup de bruit surtout pour un très jeune auteur qui n'a pas eu le temps de montrer peut-être de réelles dispositions mais qui, surtout, a été pris en charge par Cocteau…

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:00

 

Un roman qui prend aux tripes et où les sentiments sont puissants, forts et perturbants.

On est ici dans un temps bien flou, dans les Fens, entre légendes séculaires et évolutions technologiques, entre une noblesse généreuse et emphatique et sa face cachée, avide de puissance et de richesses.

L'auteure, avec une plume colorée et bien documentée, nous décrit des personnages vivants et vrais dans une nature riche, superbe et mortelle aussi. Un style parfait, tout est écrit à la première personne du singulier et d'un chapitre à l'autre on passe d'un personnage à l'autre ce qui a le pouvoir d'étoffer leur personnalité et de leur donner une dimension réellement humaine.

L'amour, la mort, la haine, la tendresse, la jalousie et la générosité se côtoient au fil des pages pour tisser une fresque parfois triste, souvent troublante et toujours attachante car les propos racontés sont tellement bien cernés qu'ils ne peuvent que nous toucher au cœur.

 

« Comme nous nous sentons sûrs de nous, impatients de montre notre force à l'âge de l'adolescence ! Comme nous pouvons être sots parfois. »

 

« On se heurte à une opposition chaque fois que l'on veut apporter une amélioration quelconque. La plupart des hommes ne sont que des sots, incapables de discerner ce qui est bon pour eux. Il faut l'accepter et aller de l'avant. »

 

« Nous avions échafaudé des projets magnifiques mais, dans mes rêves éveillés, je n'envisageais pas la pauvreté avec un homme qui se préoccupait plus de quelques villageois misérables que de bâtir une fortune, de se créer une grande renommée pour lui et pour moi. »

 

« Pour la première fois, je sentis s'éveiller un désir qui n'était ni simple sensualité ni élan de passion, mais amour, un amour fait d'une entente profonde, d'une vie commune, d'un chagrin partagé. »

 

Un roman historique associé à une romance à la Jane Austen, juste un plaisir à lire ;-)

Et surprise, j'en ai encore un ou deux en réserve...

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:48

 

Un mythe chasse l'autre, après Hercule, voici Taras Boulba !

Et moi qui croyait que c'était réellement un personnage historique…

Heureux homme que cet auteur pas si antique qui d'une nation cosaque bien réelle a imaginé un héros épique dont le nom résonne toujours d'une vérité historique.

Et quelle plume les amis, quel panache, quelle envolée lyrique surtout au moment des combats, j'en suis encore toute frissonnante.

C'est un chant, truculent et poétique, à la gloire de la Russie, de la religion orthodoxe et de la vraie camaraderie qui est le cœur de la tradition cosaque telle qu'elle a été transmise au fil des ballades des anciens.

Entre gouaillerie et beuverie, le cosaque est un chevalier digne des temps anciens, proche des vikings dans son approche guerrière et de la même trempe que les templiers dans la protection de sa foi. Ivre de vin, d'eau-de-vie, de chants et de danses quand il se pose ; ivre de sang et de gloire quand il combat ; et quand il meurt, c'est sans un cri, juste un mot pour sa mère Russie.

 

« Allez, va, et prépare-nous vite la table, sans rien oublier. Pas de beignets, de pain d'épice, de galette aux pavots et autres sucreries ; apporte-nous un mouton entier, une chèvre, de l'hydromel vieux de quarante ans ! Et de l'eau-de-vie en quantité, et pas de l'eau-de-vie de fantaisie, avec des raisins secs et autres fanfreluches, mais de la pure, de la mousseuse, qui danse et qui pétille comme une enragée. »

 

« Et que les forts en gueule sortent des rangs pour houspiller l'ennemi. Le Polonais est écervelé par nature, il ne supporte pas les injures. »

 

« Quand un homme est amoureux, il ne vaut guère mieux qu'une semelle trempée : tordez-la, elle plie. »

 

« Et l'âme farouche du Cosaque monta vers les cieux, renfrognée, furieuse, et toute surprise en même temps d'avoir été séparée si tôt d'un corps si vigoureux. »

 

« Eh bien seigneurs, lança Taras aux quartiers restants.Y a-t-il encore de la poudre dans les poudrières ? Les sabres ne sont-ils pas émoussés ? La force cosaque ne s'est-elle pas usée ? Les cosaques n'ont-ils pas fléchi ?

- Non, Père, la poudre ne manque pas ! Les sabres sont encore bons ; la force cosaque ne s'est pas usée ; les Cosaques n'ont pas encore fléchi ! »

 

Une découverte et un coup de cœur que cette lecture qui nous plonge littéralement dans l'âme slave, exubérante, violente, fidèle et profondément attachée à son pays.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:44

 

Un pur divertissement :-)

Une plume moderne, beaucoup d'humour, une histoire par chapitre et surtout, un personnage super attachant, il n'en faut pas plus pour passer un tout bon moment.

Une courte critique pour un roman qui se lit très vite, trop vite ;-)

 

« Est-ce qu'un homme de la trempe d'Arsène Lupin a besoin d'assister au vol qu'il commet ? »

 

« C'est simple comme Lupin. »

 

« La vie est si fiévreuse, de nos jours ! Il faut savoir, à certains moments, faire ce que l'on appelle une cure d'isolement. Cet endroit est souverain pour les régimes de ce genre. On y pratique la cure de la Santé dans toute sa rigueur. »

 

Et voilà, j'ai envie maintenant de découvrir d'autres aventures du célébrissime Arsène Lupin :-)

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:24

 

Et l'histoire commence comme celle d'Arthur, à ceci près qu'Hercule alias Alcée a un frère jumeau ;-) Et rapidement, Alcée se démarque de son frère et commence alors, suite à un stupide accident, une première marche pour la gloire. Et c'est sous ce nom que sont alors accolées les épreuves suivantes : les Filles de Thespios, le Lion d'Hélicon, la Libération du joug d'Orchomène, l'Oracle de Delphes et la Volonté des Dieux.

Mais un doux foyer d'humbles mortels avec femme aimante et enfants joyeux, ne sont pas des buts acceptables pour le père divin d'Alcée et donc, pour accéder à l'immortalité, notre héros devra effectuer sous le nom d'Héraclès (Hercule en français!) une série de travaux impossibles aux mortels : Le Lion de Némée, l'Hydre de Lerne, la Biche de Cérynie, le Sanglier de l'Erymanthe, les Oiseaux de Stymphale, les Ecuries d'Augias, le Centaure Eurytion, le Taureau de Minos, les juments de Diomède, la Ceinture d'Hippolyté, la Délivrance d'Hésione, le Troupeau de Géryon, le Retour de Cerbère du royaume d'Hadès, les Noces de Lycos, la Mort de Cycnos, la Capture de Nérée, la Mort d'Antée, l'Arc puissant d'Eurytos, les Pommes d'or d'Hespérides, la Prise de Phylas, la Débacle d'Achéloos et bien d'autres.

Car après les 12 travaux imposés, Heraclès ne peut s'arrêter et toujours sa marche le prend pour protéger les faibles, pour instaurer la paix et aussi pour se purifier de ses travers par trop humains. Ainsi, son amour des femmes et du vin et surtout son irascible caractère sont souvent la source de conflits et de massacres qu'il aurait pu éviter ;-)

Une plume merveilleuse pour conter ce mythe illustre qui est une belle allégorie de la vie. Un récit tiré des plus anciens textes grecs, une série d'épreuves que l'on retrouve aussi dans l’odyssée d'Ulysse ainsi que dans la célèbre épopée du Roi Arthur.

 

« Toute gloire, toute fortune doivent être méritées, sans quoi elles n'amènent qu'amertume et n'attirent que le mépris des gens sages et honnêtes. »

 

« Seule la flamme purificatrice libérera mon âme mortelle afin qu'elle s'élève jusqu'au trône de Zeus, mon père, notre père à nous tous, mortels porteurs chacun d'une étincelle d'immortalité. »

 

La quête de l'immortalité, la source de biens des maux… Encore maintenant, les gens courent après une éternelle jeunesse au lieu de savourer le jour qui passe avec ses joies, ses peines peut-être, ses petits bonheurs et ses beautés sans cesse renouvelées.

Terminons cette critique par cette courte et édifiante citation d'Hercule : « Le divin nectar n'a rien a envié aux vins des coteaux grecs » ;-)

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 09:02

 

Jour après jour, la vie est faite de ces petites choses énervantes, répétitives, ennuyeuses ; petites choses qu'il faut juste faire pourtant… Petites choses qui mises bout à bout font le terreau de la vie.

Et on a le choix, accueillir cet éternel recommencement avec le sourire, voir le soleil sous l'épaisse couche nuageuse ou alors, décider de ne rien faire, de tout noircir car finalement, pour tous, la fin du chemin est le même. Et pour faire bonne mesure, dans ce chemin de vie, l'auteur ajoute la peur de la mort qui obscurcit la vie, la jalousie qui rétrécit le cœur, la haine finalement qui étrangle l'âme et la rend aussi noire qu'une mer de tempête. Tout cela dans un décor fabuleux où la mer tantôt bleue, tantôt grise, rythme les jours, tantôt bleus, tantôt gris. Les marées égrainent alors le temps, minent la terre, apportent malheur et désespoir, bonheur et richesse et, toujours reviennent et se parent parfois d'une étrange douceur, parfois d'une violence inouïe.

Un roman qui ne laisse pas indifférent, qui pointe du doigt le germe des grandes disputes familiales que l'on retrouve tous dans notre environnement plus ou moins proche. Et cette graine mauvaise, cette jalousie malsaine, débouche souvent sur une haine aux sources oubliées qui pourrit la vie de tous même si les mains restent tendues, même si les pardons sont lâchés comme des ballons libérés, même si les rancœurs sont effacées d'un coup d'éponge.

 

« Il n'y eut désormais, entre elles deux, qu'un échange rapide de regards, à certaines heures : le regard fixe et inquiet de la nièce, quand elle devinait un nouvel emprunt ; le regard vacillant de la tante, irritée d'avoir à tourner la tête. C'était comme un ferment de haine qui germait. »

 

« Ce secrétaire vénérable, qui, bourré d'une fortune, avait d'abord donné à la maison un air de gaieté et de richesse, la ravageait aujourd'hui, était comme la boîte empoisonnée de tous les fléaux, mâchant le malheur par ses fentes. »

 

« Qui vous a dit que je ne croyais pas en Dieu ?… Dieu n'est pas impossible, on voit des choses si drôles !… Après tout, qui sait ? »

 

« Alors, sous l'obsession de l'étude qu'il faisait sans cesse de son corps, il croyait à chaque instant que tout allait craquer, que les organes s'usaient et volaient en pièces, que le cœur, devenu monstrueux, cassait lui-même la machine, à grands coups de marteau. Ce n'était plus vivre que de s'entendre vivre ainsi, tremblant devant la fragilité du mécanisme, attendant le grain de sable qui devait le détruire. »

 

« L'orgueil de son abnégation s'en était allé, elle acceptait que les siens fussent heureux en dehors d'elle. C'était le degré suprême dans l'amour des autres : disparaître, donner tout sans croire qu'on donne assez, aimer au point d'être joyeux d'une félicité qu'on n'a pas faite et qu'on ne partagera pas. »

 

Alors, comme la vie est bien trop courte pour s'encombrer de relations non partagées, coupez les branches vérolées et entretenez avec le cœur l'arbre sain, c'est mon conseil du jour :-)

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 10:45

 

Quelle découverte… Un ouvrage court et magistral… Un petit bijou de poche...

Un roman charmant où les mots dansent, se rencontrent, se marient, divorcent, s'associent, se retrouvent, se perdent aussi, se mélangent et s'éclatent tout en respectant les règles du bon ordre.

Une petite histoire bien instructive comme une fable à réciter, un conte à raconter, un livre à lire aux enfants curieux.

Un récit finalement bien court pour les adultes, pour les petits, pour les mamans et les papas, pour les profs aussi et pour les grands-parents, pour tous les amoureux des mots et de la langue française, pour ceux qui aiment lire et parler et écrire…

Une aventure extraordinaire qui m'a bouleversée alors qu'elle ne parlait que de mots et de grammaire :-)

Et pour la grammaire, l'auteur l'a chantée en poésie, en rimes et en prose, et tout semble alors tellement plus simple !

Il faut dire que le bagou pseudo intellectuel des soi-disant penseurs qui composent les divers programmes scolaires en utilisant du vent à la place de mots ne sont là que pour nous montrer à quel point ils se pensent supérieurs à nous...

 

« Bénissez la chance, mes enfants, d'avoir vu le jour dans l'une des plus belles langues de la Terre. Le français est votre pays. Apprenez-le, inventez-le. Ce sera, toute votre vie, votre ami le plus intime. »

 

« Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »

 

« Les mots aiment le papier, comme nous le sable de la plage ou les draps du lit. Sitôt qu'ils touchent une page, ils s'apaisent, ils ronronnent, ils deviennent doux comme des agneaux, essaie, tu vas voir, il n'y a pas de plus beau spectacle qu'une suite de mots sur une feuille. »

 

« Un écrivain a pour métier la vérité. Laquelle a pour meilleure amie la liberté. L'animal par nature étant plus libre que l'humain, nul ne prête plus attention à ses propos que l'écrivain. »

 

Bien envie de me plonger directement dans « Les chevaliers du Subjonctif »… Pas possible tout de suite pourtant, l'auteur n'est heureusement pas encore mort et ne peut donc pas être au Panthéon ;-)

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