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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 14:50

 

Un roman écrit par un indien sur les indiens et surtout, sur son pays, ses coutumes et qui nous montre la face cachée des guides touristiques. Ça fait froid dans le dos.

Un roman sur la culture et son apprentissage, il y a d'un côté les bancs de l'école et de l'autre, les expériences de la rue. Et quand on naît orphelin, si on survit jusqu'à 18 ans, c'est certain, on ne sait pas tout et pourtant, on en sait déjà beaucoup.

Pas vraiment de la grande littérature et pourtant, on se laisse prendre facilement à cette plume limpide qui rythme son roman au gré des questions du grand jeu : « Qui veut gagner un milliard de roupies ? ».

En voilà une question perverse, tout le monde veut gagner un milliard de roupies, tout le monde veut être riche, et même si on est déjà riche, pourquoi pas plus riche encore… Et pour que le jeu aie un peu de piquant, pourquoi pas un jeune gars, juste majeur, l'âge légal donc pour participer, orphelin, pas trop patiné de blanc, qui va et vient entre adoptions fugaces, emplois furtifs et débrouillardises de rue.

Et pourtant, pour lui, l'argent n'est qu'un mal nécessaire pas un objectif en soi mais la vengeance, oui, la vengeance, est un plat qui se mange froid ;-)

 

« Voyez-vous, la chose la plus convoitée au monde, ce n'est pas le sexe. C'est l'argent. Et plus la somme est élevée, plus la convoitise est forte. »

 

« L'argent, pour moi, c'était comme le reste de ma vie – une chose dont on peut se passer. Ça va, ça vient. Pas étonnant que j'aie vite acquis auprès de mes voisins une réputation de bonne poire. »

 

« Et je me demande quel effet ça fait de n'avoir plus aucun désir pour les avoir tous assouvis, étouffés dans l’œuf avec de l'argent. Une existence sans désir est-elle si désirable que ça ? La pauvreté du désir vaut-elle mieux que la pauvreté tout court ? Je rumine ces questions, sans parvenir à une conclusion satisfaisante. »

 

J'ai beaucoup aimé, la gentillesse, la générosité, l'empathie du personnage principal qui vit et réagit avec son cœur et son intelligence drôlement acquise. Un roman amusant, triste, parfois burlesque qui m'a beaucoup ému et tellement horrifié que que je ne sais toujours pas si j'ai vraiment envie de faire un voyage en Inde.

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 17:56

 

Un roman magnifique, une période désolante, une lecture qui prend aux tripes.

La guerre est toujours sale, celle de 14/18 a été répugnante.

Un ruban de désolation, d'abomination, de détermination, de trahison, de perdition et d'abandon va stagner pendant quatre longues années le long de nos frontières. Les soldats qui sont partis la fleur au fusil en pensant qu'ils seraient de retour quand elle aurait fané, ce sont retrouvés englués dans une boue sale de terre flétrie gorgée de sang, de pleurs, de peurs et de sueur.

Affamés, crevant de froid, ces jeunes gens sont morts par milliers, par dizaines de milliers, oubliés des quelques « grands hommes » preneurs de décision. Ils sont morts pour rien, Français, Belges, Allemands, Anglais, Américains,… ; ils sont morts pour la folie de quelques-uns. Ils sont morts pour la France, pour la patrie, pour la liberté et parfois pour l'exemple, tués non par des mains ennemies mais par celles des leurs, pour éviter l'épidémie… Épidémie de désertion, épidémie d'auto-mutilation, épidémie de folie douce,… Et ceux qui en ont réchappés, s'ils ont survécu au gaz moutarde et à l'épidémie de grippe espagnole, ont passé le reste de leur pauvre vie à se demander pourquoi une telle folie !

 

« J'attendrai, tant qu'il le faudra, que cette guerre, dans toutes les têtes, soit ce qu'elle a toujours été, la plus immonde, la plus cruelle, la plus inutile de toutes les conneries, que les drapeaux ne se dressent plus, en novembre, devant les monuments aux morts, que les pauvres couillons du front cessent de se rassembler, avec leurs putains de bérets sur la tête, un bras en moins ou une jambe, pour fêter quoi ? »

 

Oui, pour fêter quoi, une victoire d'enlisement, une défaite préparatoire, car oui, il faut le dire, ce ruban gluant, puant, immonde et mortel, on le retrouve après juste trois jours, au début de la guerre 40-45…

Et quand je pense qu'il y en a qui imaginent qu'une bonne petite guerre serait la solution à tous nos problèmes, plus de chômage, plus d'immigration, une économie qui repart,…, je les vomis et j'ai honte pour eux qui finalement n'ont connu que la belle vie, la vie facile…

Un roman magnifique, un amour sans faille, une lecture qui mouille les yeux.

 

« Lui, Ange, le pauvre barbot de Marseille, l'enfant perdu de la rue Loubon, même s'il était le plus taré des Peu-Ceu-Deu-Feus, il voyait bien qu'aucune offensive ne rimait à quoi ce soit, sinon avec contre offensive, histoire de saler la note, et il s'était enfin rendu à l'évidence, comme n'importe qui avant lui, que cette guerre ne finirait jamais, simplement parce que personne n'était plus capable de battre personne, sauf à jeter armes et canons à la première venue des décharges publiques pour régler ça au cure-dents. »

 

« On avait sûrement mieux à faire dans cette tranchée, les 6 et 7 janvier 1917, que de balancer des condamnés à mort par-dessus le parapet pour économiser des cartouches. »

 

« Cette guerre ne finira plus, les Allemands se font crever, les nôtres aussi. Il faut avoir vu les Anglais se battre pour comprendre ce que c'est, le courage. Leur courage ne suffit pas, et le nôtre non plus, et celui des Boches non plus. Nous sommes enterrés dans la boue. Cela ne finira jamais. »

 

« Il reposait près d'un mur d'enceinte, profitant de l'ombre, sans fleurs ni couronne, mort pour la même raison, l'obscénité d'une guerre qui n'en avait pas, sinon l'égoïsme, l'hypocrisie, et la vanité de quelques-uns. »

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 16:27

 

Et je confirme, cette saga est bien une perle !

Comment je suis passée à côté pendant plus de trente ans, comment j'ai pu l'acheter sans jamais l'ouvrir, en la laissant juste s'endormir au milieu de mille autres romans, et bien, je ne sais pas…

Une merveille de sensations et de senteurs, des frissons d'amour et de haine, de larmes de joie et de peine.

L'auteur écrit avec son cœur et ça se sent, il écrit avec son amour de la terre provençale et ça se hume, il écrit avec sa passion des gens et ça explose en un feu d'artifice d'émotions.

Pour le deuxième tome de cette saga, il nous offre le champ de l'amour…

L'amour passion qui ne dure que peu de temps ; l'amour raison qui ne procure que de l'argent ; l'amour vengeance qui durcit les cœurs et les âmes ; l'amour infidèle qui libère les tares les plus folles ; l'amour paternel qui met parfois du temps à éclore ; l'amour canin qui toujours est fidèle, lui ; l'amour vrai qui dure et surmonte les trahisons, les désillusions, la maladie de vivre…

C'est un hymne à l'amour au cœur de la Provence au cœur d'une grande famille dispersée. C'est le roman d'une vie où jalousie, mépris et haine, les plaies que l'on rencontre si souvent, n'ont pas réussi à venir à bout du rythme synchrone de deux cœurs.

 

« Lancés droit l'un vers l'autre, semblables à ces deux étoiles qui feront la fin du monde avec leur chaleur et leur flamme et qui, depuis des trois mille ans, sont en course vers cette minute qui les consumera, ces regards de chair pleins d'âmes se sont touchés. Et accrochés l'un à l'autre, ils restent là comme deux bêtes amoureuses mortes dans leur passion. »

 

« C'est bien la première fois de toute notre vie qu'il me fait un baiser qui ne soit de bonjour ou d'adieu, un baiser exprès pour la tendresse. »

 

« Tu ne l'aimes pas toi, le pain que tu manges ? Et le vin que tu bois ? Et le sommeil qui te lève la fatigue ? Et l'air qui te coule dans les poumons. Olivier, c'est tout ça pour moi. »

 

« Faites poids et mesures, car comme vous mesurerez, il vous sera mesuré. »

 

« Les femmes, les bonnes femmes, c'est quelque chose, quand même ! C'est comme l'air qu'on respire, on y fait pas attention. Quand on l'a pas, cet air pour respirer, on meurt, mais quand on l'a, on en profite sans prendre garde que c'est ça qui vous fait vivre. »

 

Magnifique, les amis, le style, les mots et l'histoire… Je termine le challenge et je me lance dans la lecture des quatre derniers tomes ;-)

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 16:07

 

Wouah, un vrai coup de cœur !

Magnifiquement bien écrit, une histoire qui sent le vécu, un monde merveilleux de rochers et de glace, aussi beau que monstrueux.

Une vie à part que celle de guide ; la montagne, c'est comme la mer, ça vous prend aux tripes et ça ne vous lâche plus.

Une force de caractère qui imprime aussi bien les hommes qui montent que les femmes qui restent ; une sensation de pure liberté qui enivre et fait voler les crampons ; une griserie vertigineuse qui progresse à coup de pitons et de rappels ; une responsabilité énorme sur les épaules les jours de grandes courses ; une immense détresse quand l'inacceptable arrive quand la montagne prend son écot sur ces minuscules humains si impétueux ; une vie dure et magique, pleine de grâce et de beauté, d'amitié et de respect, d'amour et de confiance.

Chamonix, ce n'est pas juste la découverte de nouveaux chemins dans les ravines, les montagnes, les cheminées, les glaciers, c'est aussi la vallée, pleine de touristes en quête d'air pur et de calme, en recherche de sensations fortes et excitantes, et c'est aussi les alpages et la transhumance, cette promenade carillonnante des troupeaux vers de verts et gras pâturages.

Chamonix, une destination de vacances où l'on oublie que les premiers chemins ont été tracés par des hommes du cru, vaillants et courageux, au péril de leur vie avec un équipement des plus rudimentaires, cordes, pitons et piolets, chaussettes de laine, mitaines et chandails.

 

« Le drame était sur la montagne, mais, impavide et souveraine, elle montait la garde sur les vallées d'alentour, insensible aux pensées des hommes qui gîtaient dans ses flancs, frileusement pelotonnés dans leurs cabanes de pierre. »

 

« Tu leur feras la fondue, la bonne polente aux oignons, le farcement aux pruneaux, les potées, le boudin aux pommes, l'omelette aux champignons. Les filles iront te chercher dans les bois Prin les chanterelles, les trompettes de mort, les morilles, et les gros bolets dans les pierriers, tu verras ! Je te dis que c'est ça qu'ils veulent manger, les monchus, et non ces sauces et ces viandes ratatinées qu'on leur sert sur des plats d'argent. T'inquiète pas, femme, tu es capable ! Pour ça oui ! Fais-les manger aussi bien que tu nous fais la soupe et ils seront contents. »

 

« Un sourire très doux se marque sur ses lèvres et l'espoir est revenu en elle, car rien n'est plus doux pour une jeune fille que de conspirer pour le bien de celui qu'elle aime. »

 

« Il fallait voir avec quels soins minutieux la préparait le petit Boule qui, pour une fois, saisi par la gravité de l'heure, ne riait plus. Ayant pesé un gros morceau de vrai gruyère d'alpage, il le découpa en fines lamelles dans un caquelon frotté à l'ail ; il arrosa le tout de vin blanc et se mit à diluer fromage et vin sur un feu vif jusqu'à ce que cela ne formât plus qu'une crème onctueuse et parfumée, qui bouillonnait doucement. Il y jeta deux verres de kirsch et continua à brasser. Pierre, étant venu l'aider, allumait un réchaud de table sur la table de cuisine, puis tous vinrent s'attabler autour du caquelon de terre où mijotait la fondue. »

 

Chamonix enfin, que de souvenirs, sa mer de glace, ses moraines et son sentier cristallin, juste un retour en arrière le temps d'un voyage d'études.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 10:31

 

C'est cru, c'est vrai, c'est bouleversant aussi...

Tout est dit sans fioritures, sans délicatesse littéraire et ça marque !

Un livre court, vibrant de sexe et de haine, dégueulant d'alcool et de stupre, assourdissant de bruits et de blues, dégoûtant de dépravation et de racisme, dégoulinant de désir et de sang.

Une vision de l'Amérique qui ne la grandit pas, qui la plonge dans une mer de boue immonde et surtout sa jeunesse dorée si peu suivie, si peu cultivée.

C'est le roman de la vengeance ultime, la plus sale, la plus dégradante et qui se termine dans la mort crasse qui se passe de justice, cette belle justice bien blanche.

 

« Si vous n'avez jamais bu de bourbon glacé avec une paille, vous ne pouvez pas savoir l'effet que cela produit. C'est comme un jet de feu qui vous arrive sur le palais. Du feu doux, c'est terrible. »

 

Un auteur dont j'ai beaucoup entendu parler, un auteur sulfureux du siècle passé dont la prose n'a clairement pas vieilli, un auteur enfin que je n'avais jamais lu. Voilà qui est fait et je ne le regrette pas :-)

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 15:21

 

Si la première moitié du livre est un peu décevante par la caractère particulier, égoïste et finalement inintéressant de l'héroïne, la seconde moitié est une leçon d'amour qui tourne en longueur et en mièvrerie même si on s'y laisse prendre sans s'en rendre compte.

Un livre simple, d'une grande "humanité" téléphonée, dans lequel on se retrouve parfois avec nos propres interrogations... Un peu facile, même si le ton est bien ciblé et le rythme dans l’œil de l'ouragan !

 

« Dis-moi Philip, dis-moi pourquoi nos grandes nations envoient les hommes par légions pour faire la guerre, mais ne sont pas capables d'en envoyer quelques poignées pour sauver des enfants ? »

 

« Aux heures glaciales du premier matin, sur les pavés désertés de SoHo les bouteilles d'alcool qui dégorgent des poubelles éparses témoignent des délires de la nuit déjà consommée. Toute la ville dort, la gueule en bois. Seuls les bruits de quelques rares voitures viennent troubler le silence du quartier encore embrumé d'un voile d'ivresse. »

 

« Le paradoxe, c'est que je ne serai jamais ta mère, mais toi tu seras toujours ma fille. »

 

 

Un roman de vacances qui se lit trop vite, à garder pour un coup de blues et encore...

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 10:22

 

Il était une fois la vraie vie et si parfois, elle commence comme un conte de fée, le mariage magnifique n'est pas toujours suivi de « ils eurent beaucoup d'enfants et vécurent heureux jusqu'à la fin des temps ».

L'auteure n'a pas son pareil pour nous plonger dans des vies vraies, truffées de petites joies, parsemées de grands malheurs, piquées de moments de folie.

Des vies de couples où l'on se retrouve dans ces interrogations difficiles et récurrentes qui doivent mener au partage et au compromis.

Des vies de familles où l'on se souvient des tensions dans la fratrie, des chamailleries et des grandes réconciliations.

Des vies de parents où après l'émerveillement de la naissance vient toujours le dur chemin de l'éducation et de ses conséquences.

Un roman plein d'émotions, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai vécu une autre vie pendant le temps d'un livre.

 

« Les échecs, les déboires ne les prenaient jamais au dépourvu, c'était toujours très au-dessous de toutes les avanies qu'ils avaient prévues. »

 

« J'ai les yeux trop fatigués. D'ailleurs, avec cette écriture ! On dirait qu'une araignée est sortie d'un encrier à moitié ivre. »

 

« L'Irlande ne s'est jamais amusée comme l'Empire britannique, à toujours chercher noise aux autres pays européens. Nous, nous ne nous mêlons pas des affaires des autres. »

 

Non, décidément, la vie n'est pas un long fleuve tranquille… Plutôt un torrent plein de remous avec parfois, au détour d'une courbe, un plan d'eau faussement tranquille qui détourne un moment le courant de la vie…

Et pourtant, quelle est belle la vie quand l'amour et l'amitié sont présents pour à jamais perpétuer l'espoir.

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 10:16

 

Quelle gouaille mes amis, de l'bwesse à biestries au pourri djône, le monde truculent d'un village perdu du fin fond de la province de Namur ne peut que nous mettre en joie.

Et l'on retrouve alors les jeux oubliés de nos propres parents, sans internet, sans GSM, sans télévision même, et c'est alors la chasse aux hannetons, la capture des lucioles et le plaisir des balades en vélo. Si on ajoute à cela la fabrication d'arc et de flèches, d'une baliste et de boulets, juste pour reproduire en vrai certaines batailles entre Buffalo Bill et les tribus indiennes, on ne peut que s'émerveiller de l'imagination créative de ces môdi djônes.

Nom di djo !, c'était un temps où le maître d'école était encore respecté ; un temps où Mr le curé avait l'oreille attentive des enfants et servait de conciliateur entre eux et leurs parents ; un temps où l'on trouvait de tout à l'épicerie du coin, des conserves au papier à lettres, des torchons aux bons conseils de vie ; un temps où l'on courtisait doucement avec les joues en feu ; un temps où les bébés naissaient encore dans les choux ;-)

 

« L'ange gardien, c'est un couyon. Et la sœur qui nous a dit que c'est un garçon, elle s'est sûrement trompée. Les garçons, ça ne pleure pas si facilement. Donc, c'est probablement une fille. »

 

« L'homme n'était pas beau. Il était affligé d'une tête plate avec de gros yeux saillants, une large bouche et n'avait vraiment pas de menton. Avec ça des pattes grêles et des pieds trop larges, il évoquait le batracien, si bien que dans sa propre famille, on ne l'appelait jamais que le « mononque Guernouille » et le sobriquet, s'évadant du cercle confidentiel, avait fait fortune. »

 

« Mais il faut gâter les enfants de façon rationnelle, jalonner leur vie de faveurs et de cadeaux auxquels ils donnent les dimensions des grands événements. Quand votre gamin sera un homme, il se souviendra du vélo comme du symbole merveilleux de la tendresse de ses parents. »

 

« Ici-bas, tout est décidément affaire d'amour. Oui, ce qui fait les miracles, c'est cela : un cœur pur d'enfant où Dieu reconnaît un reflet de son amour. »

 

« Le cœur du peuple, souvent, a de ces trouvailles délicates. Il ne donne pas. Il se donne. Qui le regarde de haut et parfois le méprise en bloc ferait bien de profiter de la leçon. »

 

« On l'a vu, le gamin pensait de préférence en wallon. Il estimait qu'en certains cas, le wallon donne à la pensée une vigueur dont le français n'est guère capable, bridé qu'il est par la règle d'élégance et parfois de décence. »

 

C'était un temps où l'on prenait le temps de vivre ; un temps où la famille était vraiment importante même si certains n'échappait pas à l'ironie des autres ; un temps où le village entier faisait partie de la famille, de la grenouille de bénitier au premier de classe boutonneux en passant par li pourri djône ; un temps oublié de nos jours mais qu'il est bon de découvrir ou redécouvrir le temps d'une lecture.

Un coup de cœur, une tranche de rire et une belle plongée dans notre beau wallon si coloré. Et pour ceux que cela effraie, rassurez-vous, les passages concernés sont bien traduits ;-)

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 09:41

 

Et voilà un petit bijou qui dort dans ma bibliothèque depuis plus de 30 ans !

Comment ai-je pu passer à côté de cette saga, je me pose toujours la question ;-)

Et c'est bien d'une saga qu'il s'agit, « Grand-Cap » étant le premier livre de six tomes qui me font maintenant un clin-d’œil permanent :-)

L'histoire est simple, bouleversante, éternelle : un fils de bonne famille renonce à son héritage pour épouser la fille qu'il aime de tout son cœur ; ensemble, ils vont construire un nid d'amour tout en exerçant le dur métier de charbonnier ; ensemble, ils vont élever une famille forte de trois beaux et forts garçons, une famille où l'amour, le pain des pauvres, remplace largement toutes les richesses. Et puis, la guerre, la laide, la sale, celle qui fut appelée la Der des Ders et qui a fait tant de ravages, balaie ce bonheur qui pourtant semblait ne jamais devoir finir…

Et le tout, sur fond du chant des cigales, sous le chaud soleil de Provence, là où les fruits gorgés de chaleur tombent du ciel, où la vigne produit sans vraiment d'efforts, où les effluves de lavande et de thym embaument toute l’atmosphère.

L'auteure, d'une plume vivante et colorée, riche de l'accent du midi, nous ouvre grand la porte de la vie des gens du Sud bien avant que toute le région ne se soit transformée en une terre à touristes. Et c'est bon, c'est profondément émouvant et on veut juste rester dans ce cocon où, même si le soleil luit souvent et où la chaleur ralentit les mouvements, on subit aussi les malheurs du monde, la pauvreté et la mort.

 

« Dans sa lutte contre le chêne, l'homme, abîmé par la guerre, avait été le plus faible et l'arbre, en mourant, l'avait tué. »

 

« Sur la cheminée de la cuisine, j'avais mis tous les pots : « Sucre, café, farine, thé, et épices ». Mais du thé, j'en avais pas et des épices non plus, alors, dans « Thé », j'avais mis du thym et dans « Épices », du laurier, parce que ça sert pour les sauces et que comme ça, tous étaient garnis quand même. »

 

« Mère, je n'en pouvais plus de falloir tuer des gens pour les empêcher de me tuer. »

 

« Il pleut dans le bois, les arbres vous mouillent, on a beau s'entourer les jambes de bandes de toile attachées par des ficelles, l'eau passe à travers. Ce n'est pas un métier facile que celui que le père m'a donné : bûcheron, charbonnier, toujours dans les bois avec des arbres qu'il faut tuer pour vivre ! Et risquer un jour d'être tué par eux, comme le père. »

 

« Elle a de la peine de le voir avec une figure si grise dans cette chemise de toile, blanche et raide comme un mur neuf, et ces mains sans chair qui mettent sur le drap deux longues bêtes à cinq pattes. »

 

Un court roman, c'est vrai mais quel puissance d'évocation, un coup de cœur pour moi :-)

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:15

 

Une écriture coincée, ampoulée, calculée qui finalement tue le sentiment aussi fort soit-il…

L'illusion de l'amour ou encore l'image de l'amour par un adolescent égoïste qui, au lieu de construire, ne fait que détruire au même rythme que la guerre qui gronde…

Je n'ai pas vraiment accroché, ni à l'histoire, assez banale somme toute, ni au style, trop surfait pour moi !

 

« J'oubliais si vite son fiancé, qu'au bout d'un quart d'heure de marche, on m'aurait surpris en me rappelant que, dans cette chambre, un autre dormirait auprès d'elle. »

 

Il faut dire que le tapage est grand pour un gamin qui n'a finalement que deux ans de moins que sa conquête. Certes, il est mineur, sa conquête aussi finalement même si elle est mariée et se comporte d'une manière un peu simplette dans le contexte.

Beaucoup de bruit pour un roman, beaucoup de bruit surtout pour un très jeune auteur qui n'a pas eu le temps de montrer peut-être de réelles dispositions mais qui, surtout, a été pris en charge par Cocteau…

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