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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 15:18

 

Superbe titre qui rafraîchit un max en cette période caniculaire ;-)

Après un roman rouge qui était à la limite du documentaire historique, voici un roman historique qui ne déparerait pas dans ma collection écarlate.

A travers les yeux et les amours d'une jeune couturière française, on découvre les splendeurs et les horreurs de la cour de Russie au XVIIIème siècle. De la gouvernance caractérielle et décadente de la tsarine Elisabeth à celle humaniste et moderne de Catherine II de Russie en passant par le bref intermède fou de Pierre, l'auteure nous voyage de palais en palais, de bals en bals, de jardins en jardins et nous voilà happés par l'âme russe, sa gentillesse et sa cruauté, sa générosité et son extravagance.

Une plume riche et colorée a vite fait de nous transporter aux bords de la Neva et de nous plonger dans ce merveilleux tumulte d'un peuple toujours en mouvement, d'une ville toujours en travaux et d'une cour tumultueuse où les scandales se succèdent sans fin.

 

«Ne disait-on pas que pour être heureux un homme devait avoir une honnête fille pour épouse et une délurée pour maîtresse ? »

 

«Le profit que je retire de mon travail me permet d'encourager de jeunes artistes sur lesquels je fonde de grands espoirs. Sans mon soutien financier, ils mourraient de faim et leur talent serait à jamais perdu. »

 

« Une partie de moi demeurera éternellement ici. Jamais je n'oublierai cette merveilleuse lumière qui semble irradier des trésors contenus dans les palais et se diffuse parfois dans toute la ville. J'ai appris à aimer ce pays en toute saison, et peut-être plus encore sous la neige, aussi étrange que cela paraisse. Qui pourrait être insensible à la magie de ces hivers, quand tout resplendit au soleil sous une mince couche de givre ? »

 

Une lecture qui fait rêver, un roman que je conseille aux amateurs de belles histoires sur fond d'Histoire :-)

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 10:31

 

Wouah, quelle aventure les amis, entre splendeur et décadence, dorure et pourriture, vision humaniste et stagnation de droit divin…

Un roman digne de Dumas avec une pointe de Dan Brown et pour être complet un soupçon d'Umberto Eco ;-)

Un roman, une année, une seule, où l'on verra la fin du cardinal Mazarin, la chute de Fouquet, la montée en puissance de Colbert et enfin, la prise en main du gouvernement par le roi Louis XIV !

En plus de ces monstres de l'Histoire, on croise tout au long de notre lecture du très beau monde ; Molière et La Fontaine, Le Nôtre et Vattel, Le Brun et Perrault, un théâtre de fables, des jardins de gourmandises, des touches éclatantes et macabres…

Et tout cela autour d'un secret qui finalement ne change pas grand-chose comme le montre la suite de l'Histoire. En effet, si la révolution française a supprimé le droit divin, la soif de pouvoir des hommes politiques les fait se comporter en tout comme des rois...

 

« Vos bottes sont prêtes, mais je ne suis pas sûr de pouvoir vous garantir leur survie au-delà du printemps. Elles sont usées comme le souffle du Cardinal. »

 

« Oh je comprends bien l'impatience de ceux qui ont agi : il est si difficile de détenir la vérité et de ne pouvoir la dévoiler. »

 

L'Histoire vue par les yeux de deux hommes qui sont peut-être meilleurs auteurs que politiques… Ce qu'il y a de certain c'est qu'ils nous offre là un tout bon roman, bien distrayant et riche en rebondissements.

Petit bémol quand même, ça manque d'une postface pour bien cerner les personnages de fiction qui portent le même patronyme que des personnages historiques de la même époque !

Enfin, s'il n'y a rien à redire sur le fond, la forme par contre n'est pas toujours au top. Certains passages sont magnifiques, colorés et bien rythmés, et d'autres, sont plats, ternes et sans relief, et ça gâche un peu l'ensemble du coup.

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 15:24

 

Encore une perle endormie dans ma bibliothèque…

Un roman d'une beauté subtile où l'art de l'auteure s'est confondu avec l'âme de l'héroïne, auteure elle-même du premier vrai roman japonais connu (XIème siècle).

Une première partie un peu lente où le contexte historique est développé en même temps que les us et coutumes de la noblesse et notamment celui des femmes qui vivent recluses derrières leurs rideaux de soie.

Et puis, le rythme s'accélèrent, au fil des saisons, au fil des regards qui tentent de percer la nature humaine et surtout, le sens de l'amour. Et les mots s'enchaînent, la plume vole, les caractères d'encre et d'eau se fixent, se diluent, s'écoulent, comme les sentiments au fil d'une vie. Et l'on vit alors le lent cheminement du temps de cette jeune femme cultivée qui vit sa vie au travers de ses observations voilées qu'elle va chaque jour retranscrire non pas comme un journal intime mais comme un roman rouge « Aventures et passions ».

Et on est ici dans le vrai travail de l'auteure qui nourrit sa saga de ses perceptions, de ses observations, de ses sentiments, des secrets entendus ou entrevus, des lettres et poésies reçues, des chroniques anciennes et des règles modernes. Et l'on voit les personnages prendre vie quand chaque chapitre est lu à la cour et recopié et relu dans les secrets des alcôves. Et l'on découvre aussi leur énergie à vivre, leur voracité au détriment même de la santé de leur génitrice qui au fil des caractères peint sur le papier s'affaiblit et s'étiole doucement. Et quand le récit s'achève enfin, l'auteure peut vivre sa vie qui alors n'est plus que souvenirs...

 

« Tout le monde raffolait de tout ce qui était « moderne » : vêtements, musique, ameublement, manière de vivre. Toutes les choses semblaient perdre de leur valeur si elles n'étaient pas modernes, si elles ne provenaient pas de Chine. »

 

« Comme il était difficile d'assurer la continuité de sa descendance et d'accepter la vie et la morts comme le beau et le mauvais temps ! »

 

« Mon encre est glacée, glacé aussi est mon pinceau,

Comment exprimer ce qui déchire mon cœur, quand même je le voudrais ? »

 

« J'aime tout ce qui se rattache au passé, la vie écoulée que l'on ranime en la racontant... »

 

« Mais elle s'est tue. Quel terrible mais inévitable entrelacs de paroles non exprimées, d'émotions non manifestées, de pensées échafaudées en secret se tisse quand on vit sous le même toit, séparé seulement pas de minces parois et isolé par son propre silence. »

 

« Vous voyez Madame, chaque personnage est un être vivant, qui révèle de lui, à son auteur, ce qu'il veut et quand il le veut. Le prince ne m'a encore révélé ni son nom ni sa naissance. Quand je l'ai connu il était déjà adulte. Peut-être un jour me racontera-t-il son enfance ? »

 

« Il était parti quand les neiges commençaient à fondre : un instinct spontané, comme celui des oiseaux migrateurs qui s'envolent en groupe, l'avait incité à entreprendre ce voyage. Pour lui, l'amour était indicible. Il ne pouvait pas trouver les mots opportuns, c'étaient les vents humides qui chassaient le froid polaire, une tiédeur imaginaire vers laquelle son désir le poussait, le long des routes qui menaient vers le sud. »

 

Juste magnifique, un gros coup de cœur :-)

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:57

 

Génial, un coup de cœur, c'est sûr :-D

Très bien écrit et surtout superbement documenté, ce roman est juste une gâterie pour qui aime la cuisine et l'histoire.

J'ai adoré le Champagne et surtout l'histoire du commerce du vin qui suit en Europe l'histoire des guerres et des traités.

Et si du temps du Régent le Bourgogne à Paris était de mise, que le Champagne y était presque clandestin car monnayé en bouteilles et réservé aux puissants, que le Bordeaux et le Porto avaient la préférence des anglais et la piquette de partout celle des Hollandais réputés bois-sans-soif, le vin quel qu’il soit avait le don de réunir les peuples et surtout de développer le commerce entre nos différents pays.

A bon vin, bon repas, et ça ne manque pas, j'ai hâte d'essayer quelques recettes de François Massialot que je me suis empressée d'aller pêcher sur Gallica ;-)

 

« Nulle part ailleurs qu'en Champagne, il n'y en a d'aussi bonnes. Ni trop chaudes en été, ni trop froides en hiver, à température constante, bien aérées, creusées dans la craie, elles sont pour beaucoup dans la maturation et la conservation du vin. »

 

« Il n'y a rien de pire, dans une joyeuse assemblée où tout le monde attend que le bouchon saute, de se retrouver avec un vin aussi plat que tranquille. »

 

« Le vin de Bourgogne rend l'esprit libre, fournit des pensées, fortifie la mémoire, ce qui est le propre de tous les bons vins. »

 

« Ils festoyèrent jusqu'à quatre heures du matin d'andouilles, de boudins blancs et noirs, de pieds de porc, d'une langue de bœuf à l'écarlate et d'une poularde farcie. »

 

« Le métier de parfumeur et celui de cuisinier avaient bien des points communs. C'est pourquoi les livres consacrés aux parfums contenaient des recettes de tourtes et de confitures et les livres de cuisine des recettes de crèmes et d'onguents ! »

 

« L'expression « fondre dans la bouche » avait dû être créée spécialement pour ce jambon. Une saveur intense, un bouquet d'arômes de fruits secs, violette, noix, truffe… Une persistance, une longueur en bouche… Allégresse... »

 

S'il faut un bémol, ce serait peut-être sur l'enquête judiciaire qui manque un peu du punch que l'on retrouve dans les romans de Jean-François Parot.

J'en ai encore un non lu, déjà sorti pour un prochain item du challenge multi-défis 2017 :-)

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 08:39

 

Génial… J'avais oublié à quel point Mme Benzoni prenait à cœur l'Histoire pour y faire vivre son intrigue.

Et la précision est bien là, dans la description des lieux, dans celle de l'ambiance de l'époque et aussi dans les rapports particuliers entre les protagonistes réels. Ainsi, on vit au plus près le pseudo-couple Louis XIII et Anne d'Autriche, on ressent la haine des uns et l'opportunisme des autres pour le Cardinal, on baigne dans ce monde de courtisanerie où l'amitié et la fidélité sont des qualités rares, on respire les effluves parfumées des flagorneurs de tout poil et celles peu ragoûtantes des bas-fonds, on observe enfin le jeu du pouvoir ou plutôt des pouvoirs.

Avec une plume enlevée, l'auteure nous conte joliment un secret qui mêle sécurité de l’État, vengeance, enquête criminelle, amitié et surtout, amour.

Et c'est là que je ne me dis à chaque fois : « Et si c'était vrai ? »… Eh bien, l'Histoire n'aurait pas changé d'un iota ;-)

 

« Elle semblait sous le coup d'une grande émotion. Il y avait des traces de larmes sur son beau visage blond, presque aussi pâle que l'énorme fraise « en meule de moulin » qui avait l'air d'offrir sa tête sur un plateau de mousseline empesée. »

 

« Son éminence possède à un point achevé le sens du décors et du drame. Il joue de sa pourpre en artiste. Sans doute parce qu'elle évoque celle du bourreau et qu'il aime à faire peur... »

 

« Point n'est besoin non plus d'être toujours ensemble. Le véritable amour supporte tout : l'éloignement, les séparations, la solitude et même la mort. »

 

Et le livre se termine comme il a commencé, à part l'âge de notre héroïne bien sûr. Et moi, je vais devoir attendre pour lire la suite de tomber sur un item qui lui corresponde… C'est trop injuste ;-)

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 08:34

 

Génial, pas d'autres mots pour décrire ce roman pour le moins intriguant.

Un fait bien réel, l'attentat de Lockerbie ; une légende toujours bien vivante dans la région de Berkeley, Bisley Boy ; des tensions réelles entre les différents services américains et britanniques, CIA/MI6 et FBI/SOCA ; et pour finir, un clivage en Irlande dont les origines datent du règne d’Élisabeth 1ère… Voilà le terreau d'un récit qui décoiffe ;-)

Une plume riche et des plus documentées, un rythme soutenu, des personnages plus vrais que nature, une intrigue qui continue à tourner dans ma tête, et pour le fond, un décor toujours bien présent dans Londres et ses environsUn roman passionnant qui n'a qu'un seul gros défaut, il se lit bien trop vite ;-)

Et pourtant, j'ai fait durer le suspense, toutes les dix pages à peu près, je me suis lancée sur google image pour une visite virtuelle des lieux décrits. J'ai adoré :-)

Et à d'autres moments, via wikipédia, j'ai continué ou plutôt refait, les recherches de l'auteur pour mon propre plaisir. J'ai adoré aussi ;-)

Un thriller moderne où l'Histoire tient une place de choix, voilà la marque de Steve Berry qui a compris qu'un récit est encore plus fort quand il mêle dans sa trame réalité et fiction.

 

« Elle ne perdait pas son temps à discuter de ce qu'on ne pouvait plus changer. Elle était toujours positive, prête à se réjouir, à envisager le meilleur. »

 

« Que serait un secret s'il ne pouvait pas être découvert ? »

 

« Celui qui boit du vin dort bien. Celui qui dort bien ne peut pas pécher. Celui qui ne pèche pas va au ciel. »

 

Et finalement, si c'était vrai ? Une légende comporte toujours une part de vérité alors pourquoi pas celle-ci...

Tellement envie que certaines analyses ADN se fassent pour connaître le fin mot de l'Histoire moi ;-)

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 14:01

Un souffle antique d'une rare puissance : d'évocation et de justesse historique.

Pas faciles les premières pages, où chaque nom de ville m'a précipitée sur mon ordinateur pour me situer moi qui suis une quiche en géographie. Bon, j'ai réalisé bien plus tard que l'auteur avait mis une carte en fin de volume, ça aide ;-)

Et me voilà alors plongée dans le Vème siècle avant Jésus-Christ où tous les noms sont différents, où les cités parfois majeures sont réduites maintenant à des sites archéologiques parfois mineurs, où seules quelques stars sont passées à l'immortalité, où les Dieux sont omniprésents, où la vie est trépidante et où finalement internet existait déjà via un peuple, les Sicanes, plutôt extra-lucides ;-)

Un voyage initiatique, pas à pas à la recherche de son moi, avec des pauses frivoles et d'autres plus introspectives, dans les forêts les plus sacrées aux bauges les plus puants des cités antiques, des actes héroïques aux décisions les plus déplorables, de l'amour le plus pur au plus dégradant, et finalement de la prise de conscience d'un pouvoir ancestral et d'une immense sagesse.

Un voyage émouvant où le pur désir a une place des plus grandes car il se mire dans un mensonge d'amour ; un voyage perturbant où l'amitié, avec le temps et la jalousie, prend la plus noire des figures ; un voyage reposant où la vie la plus frugale donne accès aux plus grandes richesses, celles de la conscience de la terre ; un voyage épuisant où les tâches terrestres sont les plus dures, les plus douloureuses mais aussi les plus fructueuses car elles rapprochent les êtres, tous tendus vers un même but.

Une plume merveilleuse qui chante le temps des anciens Dieux avec tant d'éloquence qu'on à l'impression d'y être vraiment.

 

« Je n'aime pas vraiment marchander, mais en commerçant avec des Grecs et des Phéniciens j'ai remarqué que le marchandage est pour le marchand source de plus de plaisir que la vente elle-même. Un marchand authentique sera profondément blessé si on accepte très vite le prix qu'il a demandé. »

 

« Quand à moi, j'errais sans savoir d'où je venais, où j'allais ni pourquoi. J'étais stérile comme une pierre et mon amour m'apportait plus de souffrance que de bonheur. »

 

« Écoute, étranger, ceux qui ne comprennent pas se satisfont en général de tout ce qui présente les couleurs et les lignes traditionnelles. Voilà pourquoi le monde est plein de gens adroits qui connaissent le succès et dont la vie est facile. Mais un véritable artiste ne se mesure qu'à lui-même. »

 

« Confus et tremblant, je reconnus en elle la déesse et je me réjouis que dans son cœur elle ne fût pas mauvaise. Cruelle, capricieuse, égoïste, déloyale même, elle demeurait le reflet de celle qui est née de l'écume. Une vague de désir, de tendresse et d'amour me porta vers elle, brûlant mon corps, tandis que je la contemplais. Mais je ne tendis pas la main pour la toucher. Le temps était révolu et j'étais libéré d'elle. »

 

« Le nord était mon destin et j'allais, plus libre que jamais auparavant, car je m'étais défait de ma vieille vie comme d'un vêtement en loques. La maladie m'avait laissé léger et aérien et il me semblait avoir des ailes aux pieds et ne plus fouler la poussière de la terre. La lumière solaire me grisait, le vert des jeunes prairies était suave à mes regards et je souriais en marchant. Avec moi marchait le printemps, et les gazouillis des oiseaux, les fleuves gonflés, les douces journées. »

 

Un magnifique roman qui retrace l'Histoire antique du bassin méditerranéen ; un demi-siècle de guerres, de sièges, de batailles sanglantes pour le pouvoir, pour l'extension des territoires avec ou sans la volonté des peuples mais toujours avec l'appui des Dieux. Une incursion d'autant plus prenante que son fil se déroule au travers de faits et personnages réels, où seuls finalement le héros et son entourage proche sont issus de l'imagination de l'auteur. Le tout, baignant dans une recherche des plus détaillées et méticuleuse de la vie quotidienne des gens de l'époque ainsi que leurs us et coutumes, a produit dans ma petite tête un merveilleux film que j'ai eu beaucoup de mal à quitter.

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 15:39

Une lecture vivante, vivifiante, chantante où l'histoire est toujours présente avec un souffle torride de vérité.

Ici, jurent à foison les flibustiers, sermonnent les curés, minaudent les nunuches, persifflent les espions et toujours derrière un verre de rhum, raisonnent les bonhommes.

Une histoire tonitruante où les boulets chauffés au rouge ont leurs places ; une histoire désopilante où l'humour reste la valeur sûre des hommes qui savent que leur vie ne tient qu'à un fil ; une histoire désolante où la malignité de certains peut provoquer bien des chambardements ; une histoire galopante où les ordres et les nouvelles prennent trois bons mois pour atteindre qui de droit ; une histoire vraie finalement qui voit, enfin, la Martinique définitivement française !

« Holà ! Tout le monde en place pour la manœuvre ! Branle-bas de réveil ! Et pendant qu'on prépare les bailles et les écouvillons, demandez à la compagne de ma vie une ration double de café et une quadruple de rhum ! »

« La noblesse, proféra sourdement l'ancien garde-côte, ça a autant de valeur dans le bonheur d'un homme qu'une fève dans un gâteau des rois. Jamais je ne me suis senti aussi misérable que depuis que je suis monsieur de la Reinty ! Et tout compte fait, un vieux sacripant de roturier comme vous, Yves, avez plus de bonheur avec Julie que moi célibataire avec mon titre de baron ! »

« Voilà qui est bien chien, chié, chanté ! Son sang ! Mildious ! C'est justement ce que je respecte en toi, ton sang ! »

« C'est par la trahison que nous avions été vaincus ; mais Dieu n'a pas voulu qu'une telle iniquité s'accomplit entièrement et son doigt tout-puissant a dirigé les secours vers nous. Les coupables seront jugés par le Conseil et les sentences prononcées seront immédiatement exécutoires... »

Un livre qui entre bien dans le challenge multi-défis 2016 pour l'item « Un livre d'outre mer ».

Mon seul regret, n'avoir dans ma bibliothèque que la fin de la saga de Jacques Dyel du Parquet, flibustier, acquéreur de la Martinique et son gouverneur jusqu'à sa mort avec son épouse Marie Bonnard et ce, avant que la Compagnie des Indes Occidentales crée par Colbert ne rattache le tout à la France.

Deux tomes en fait avec une seule critique pour un même item, un voyage instructif et une lecture des plus plaisantes :-)

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 15:24

Une lecture vivante, vivifiante, chantante où l'histoire est toujours présente avec un souffle torride de vérité.

Ici, jurent à foison les flibustiers, sermonnent les curés, minaudent les nunuches, persifflent les espions et toujours derrière un verre de rhum, raisonnent les bonhommes.

Une histoire tonitruante où les boulets chauffés au rouge ont leurs places ; une histoire désopilante où l'humour reste la valeur sûre des hommes qui savent que leur vie ne tient qu'à un fil ; une histoire désolante où la malignité de certains peut provoquer bien des chambardements ; une histoire galopante où les ordres et les nouvelles prennent trois bons mois pour atteindre qui de droit ; une histoire vraie finalement qui voit, enfin, la Martinique définitivement française !

« Tout à coup, elle se retrouvait dans ses bras. Sa bouche écrasait ses lèvres, ses mains sculptaient ses formes, et elle s'enivrait de la merveilleuse odeur d'homme qui l'imprégnait, de ce parfum où se mêlaient l'arôme du tabac qu'il prisait, et le remugle du cheval... »

« D'Artagnan était gascon, donc bavard, hâbleur ; il avait tendance à enjoliver et à exagérer et ses reparties étaient si promptes que la cour s'en amusait et se les répétait. »

« Femme, tu chantes vêpres à matines ! Et j'en oublie de boire avant d'avoir soif. Prépare le rhum et le sirop et n'oublie pas le citron vert, je vais en prendre pour la soif passée, pour la soif présente et pour celle à venir ! »

« Mais s'il reste, moine, dans la boule que vous avez sur les épaules, un peu plus de cervelle que dans la queue d'un poireau, faites-moi vite apporter, à moins que vous n'ayez tout bu, un peu de ce vin qui vous a donné le tournis. »

Un livre qui entre bien dans le challenge multi-défis 2016 pour l'item « Un livre d'outre mer ».

Mon seul regret, n'avoir dans ma bibliothèque que la fin de la saga de Jacques Dyel du Parquet, flibustier, acquéreur de la Martinique et son gouverneur jusqu'à sa mort avec son épouse Marie Bonnard et ce, avant que la Compagnie des Indes Occidentales crée par Colbert ne rattache le tout à la France.

Deux tomes en fait avec une seule critique pour un même item, un voyage instructif et une lecture des plus plaisantes :-)

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 16:18

Et encore une trouvaille dans ma boîte surprise, et encore un premier roman !

On croît qu'une lecture aisée et rapide fera une critique simple et facile à pondre… Eh bien non !

Allez, je me lance et commence par la forme, ce qui m'a le plus perturbé finalement. Entre de grands monologues lyriques qui font frissonner et des pages de documentaires historiques sur cette grande maison qu'est la Comédie Française, on trouve un récit somme toute bien rythmé et d'une belle plume. Cette alternance de style donne quand même à l'ensemble une certaine lourdeur qui à mon sens nuit à l’ouvrage. Ainsi une introspection sentimentale et poétique suivie d'une liste des membres sociétaires de l'académie, des comédiens aux grands pontes pour revenir à une écriture plus classique pour narrer l'histoire, ça fait un peu brouillon. L'auteure a peut-être voulu trop en faire en voulant citer tous les membres de cette société bien particulière…

Quant à l'histoire, elle colle à la Grande et même un peu trop car vite le récit documentaire renaît pour décrire la situation du Théâtre à partir de 1939, avec lettres et preuves à l'appui. Ainsi donc, on en apprend beaucoup sur cette période atroce, inhumaine et antisémite que beaucoup ont voulu effacer un peu trop vite des mémoires et qui a sévi aussi dans le monde artistique et littéraire. Rien que d'avoir dépoussiéré ces archives mérite les prix reçus par l'auteure.

« Le seul moment de répit commençait le vendredi soir car on n'avait pas le droit de se disputer pour shabbat. Sans doute pour cette raison, le moment préféré de Moïsche était ce jour magique qui faisait taire ses parents. »

« Savoir où on veut arriver ne dit pas comment faire pour y parvenir. »

« Parfois dans la vie il y a des moments parfaits. Ce sont généralement des moments très fugaces, ils durent une seconde à peine mais ils sont vécus si fortement qu'ils s'impriment pour toujours dans une existence. Peut-être sont-ils aussi intenses parce qu'ils apparaissent à l'improviste, sans que rien ne les prépare ni n'annonce leur venue. »

Un premier roman plein d'intérêt, une belle plume quand on passe outre les parties documentaires, un personnage principal qu'on aime d'entrée et qu'on ne veut pas perdre trop vite. Une auteure à suivre donc :-)

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