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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 10:54

 

Emile Jacotey, Philippe Jaccottet, deux personnages bien différents et pourtant…

L'un est chanté par Ange, j'adore :-)

Et le patronyme faisant, me voici confrontée à l'autre, le poète reconnu et pour moi totalement inconnu…

 

« … O fruits

mûrs, source des chemins dorés, jardins de lierre,

je ne parle qu'à toi, mon absente, ma terre... »

 

Plus facile de se laisser bercer par la musique même si la parole est poésie que de mettre un sentiment sur des mots jetés au vent. Et pourtant, le temps passe…

 

« ...Je vois ma santé se réduire,

pareille à ce feu bref au-devant du brouillard

qu'un vent glacial avive, efface… Il se fait tard. »

 

Et le poète célèbre la vie, l'amour, dans le souvenir et ce, jusqu'à la mort ; mort de l'amour, mort du souvenir, la mort enfin, celle qui nous guette tous…

 

« Sois tranquille, cela viendra ! Tu te rapproches,

tu brûles ! Car le mot qui sera à la fin

du poème, plus que le premier sera proche

de ta mort, qui ne s'arrête pas en chemin. »

 

Et les vers coulent, n'évoquent pas les fées mais les nymphes, et toujours s'opposent le lierre éternelle et les roses éphémères. Et pourtant, le temps est-il inexorable, vraiment, n'y a-t-il aucun espoir...

 

« Me comprendras-tu ? Je n'ai pas le moyen

de rien perdre, car je voudrais ne pas vieillir,

mais simplement mûrir de toutes mes années. »

 

Et jeune d'un premier recueil, l'auteur nous berce de sa mélancolie de vieillir alors qu'il est toujours dans sa prime jeunesse…

 

« … Toute douceur, celle de l'air

ou de l'amour, a la cruauté pour revers,

tout beau dimanche a sa rançon, comme les fêtes

ces taches sur la table où le jour nous inquiète. »

 

La poésie ne se critique pas, elle se vit, elle se sent.

La poésie, une lance fragile qui pénètre l'âme et le cœur.

La poésie, des mots pour décrire la douleur, le bonheur.

La poésie, une sensation que souvent l'on ressent ;-)

 

Un CD à réentendre, un recueil à relire ; les émotions à fleur de peau, ça vous chamboulent toujours :-)

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Published by Carine - dans Poésie
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 11:58

Une anthologie de la bonne chère et du bon goût où les poètes, des plus obscurs au plus connus, célèbrent le bien manger et le bon vin. Entre recettes rimées et souvenirs grivois autour d'une bonne table, nous voici traversant les siècles d'Eustache Deschamps à Boris Vian en passant par Villon, Ronsard, Hugo et Rostand . Et si le melon, les fraises à la crème, le gigot et les haricots sont des valeurs sûres, les huîtres, la bouille-à-baise, la potée et le pot-au-feu ne sont pas oubliés.

Ainsi quel plaisir de partager l'amour de la gastronomie avec les mots qui sonnent si justes du français d’antan de Gace de La Bigne (mort en 1384) :

« Si tu veux que du pasté taste

Fay mettre des œufs en la paste »

Et pour le côté chantant, pourquoi pas en patois régional pour vanter le travail du pain comme l'a si bien écrit Georges Blanchard (1902-1976) :

« Fé l'pain, c'est pas d'la p'tite ovrage ;

C'est pas du travail dé gamin !

Ca d'mande un grous apprentissage

Et faut avouér' lé tour dé main ! »

Et quand on mêle l'amour du brie avec son coup de cœur, on trouve cette petite brève de Charles d'Orléans (1394-1465) à son aimée :

« Mon doux cœur, je vous envoie,

Soigneusement choisi par moi,

Le brie de Meaux délicieux

Il vous dira que malheureux

Par votre absence je languis

Au point d'en perdre l'appétit

Et c'est pourquoi je vous l'envoie

Quel sacrifice c'est pour moi ! »

Et l'on ne parle pas que des bonnes choses, on aborde ici aussi les radins de bouche qu'il faut fuir comme la peste ainsi que le rapporte si bien Clément Marot (1496-1544) dans sa litanie des Bons Compagnons :

« De petit dîner et mal cuit,

De mal soupper et male nuit,

Et de boire du vin tourné,

Libera nos Domine ! »

Et les chansons et les hymnes et les complaintes rimées à boire ne manquent pas ainsi l'Orgye de Saint-Amant (1594-1661) qui devait être repris en chœur par les ivrognes de son temps :

« Sus, sus, enfants ! Qu'on empoigne la couppe !

Je suis crevé de manger de la soupe.

Du vin ! Du vin ! Cependant qu'il est frais,

Verse, garçon, verse jusqu'aux bords,

Car je veux chiffler à longs traits

A la santé des vivans et des morts. »

On ne peut passer outre Alexandre Dumas (1802-1870) ce gourmand, gourmet, gastronome et cuisinier qui parfois en peu de mots résument tout un plat :

« L'huître est un hasard, un éclair

Qui passe avec les mois en R. »

La cuisine et l'amour partagent les mêmes fantasmes, les mêmes mots pour décrire la beauté et la perfection ainsi Victor Hugo (1802-1885) ne manque clairement pas de poésie pour nous décrire un simple fruit :

« D'attraits ravissants pourvue,

Seule, elle réunit tout ;

Ses appas charment la vue,

Et chacun vante son goût.

Sa peau, velouté et fraîche,

Joint toujours la rose au lis :

Ce pourrait être Phyllis,

Si ce n'était une pêche. »

Et parfois, au détour d'un sonnet, on découvre l'esprit critique et journalistique d'un Raoul Ponchon (1848-1937) qui ne manque pas d'humour pour nous parler de sa dinde aux marrons qui deviendra bien vite une oie truffée :

« Pour faire une dinde aux marrons,

Prenez de préférence une oie.

La dinde est une pauvre proie

Même pour les estomacs prompts. »

Mais revenons au vin, cette boisson des Dieux déjà bien chantée du temps des grecs et des romains et que l'on retrouve magnifiée encore par Jules Lemaître (1853-1914) :

« Ouvre, ô vin disert, les âmes des sages !

Qu'est l'argent poli ? Miroir des visages.

Et le vin vermeil ? Miroir des esprits.

(La comparaison est de source grecque.)

Sois frais au gosier comme une pastèque,

Et plus chaud au cœur qu'un baiser surpris ! »

Et je ne peux m'empêcher de terminer ce repas par une citation tirée de Truandailles d'Emile Verhaeren (1855-1916), un poète bien de chez nous qui n'hésite pas à utiliser le vocabulaire gourmand pour parler d'amour charnel et de passion :

« Chacun avait là deux brasiers,

Deux yeux allumés, deux prunelles,

Bûchers de voluptés charnelles,

Où rôtir des amours entiers. »

Une lecture délice que l'on termine l'estomac ronronnant, l'eau à la bouche, le sourire aux lèvres et le cerveau frétillant de tant de recettes à faire ou à refaire :-)

Et voilà, l'item « Une œuvre écrite en vers » a ainsi trouvé son œuvre, et j'en sors ravie et bizarrement bien affamée ;-)

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 18:26

Une petite anthologie qui ne paie pas de mine, un petit recueil qui risque quand même de ne pas atteindre son cœur…

L'amour est un vaste sujet et clairement la source des poètes mais les poètes ne sont pas tous égaux quand ils chantent l'amour.

Les auteurs classiques ont une longueur d'avance sur les contemporains modernes, ils ont été appris et mémorisés, ils sont connus et compris.

Et puis, chanter l'amour perdu, des années après la disparition d'un être cher, est-ce encore de l'amour ou juste une survivance. Il ne faut pas confondre l'amour et le souvenir de l'amour…

Une petite anthologie qui ne va pas au bout de son émoi, elle reste juste à la surface des choses et ne va pas vraiment puiser dans le cœur profond des poètes.

Un peu déçue donc par ce recueil où l'amour, s'il est bien présent, n'est pas vraiment toujours bien chanté ;-)

« Quand on n'a que l'amour

Pour parler aux canons

Et rien qu'une chanson

Pour convaincre un tambour. »

« Je deviens l'hiver pour me reposer

Je deviens le printemps pour rêver

Je deviens l'été pour briller. »

Un grand merci à Babelio pour la découverte de cette maison d'édition qui met à la portée de tous la poésie, une façon d'écrire parfois nébuleuse, souvent diffuse mais toujours attachante.

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 16:28

L'auteur nous prévient qu'il na pas respecté la règle traditionnelle de composition des haïkaï n'en gardant, je le cite, que la substance pour qu'en peu de mots, une émotion soit transmise. Et malheureusement pour moi son distillat de sensation pure n'a pas fonctionné, peut-être justement parce que les règles sont là pour donner une tonalité que je n'ai pas retrouvée ici.

Il s'agit parfois d'une simple phrase, écrite sur trois lignes ou encore, quelques mots mis l'un en dessous de l'autre, c'est parfois joli mais jamais vraiment transcendant.

Un petit recueil qui se lit en quinze minutes et où seulement deux haïkaï ont retenu mon attention pour la petite musique intérieure qu'ils ont générés. C'est peu sur les 118 compositions qui forment cet ouvrage.

« Petite brise

Soudain

le jardin danse. »

« Regard accaparé

par la beauté

La vie devient chant. »

Je vais placer cette lecture dans le challenge multi-défis 2016 pour l'item « Un livre avec le mot 'jardin' dans le titre ». Finalement, la seule règle presque respectée par l'auteur pour la composition de ses haïkaï est l'évocation des saisons par la présence de fleurs et d'insectes dans la majorité de ses poésies.

Un haïku réussi est un plaisir pour les yeux, pour l'esprit et pour les sens et souvent, sa lecture se médite et procure un sentiment fort, hors du temps et de ses contraintes…

Et bien, pour le coup, c'est raté !

Et pour finir, juste pour évoquer le plaisir et la joie de participer à ce challenge, un petit dernier sorti d'une traite de ma plus belle plume :-)

Et tourne les pages

Les mots, les feuilles s'envolent

Et le temps s'enfuit ;-)

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:59

La maîtrise des mots, aucun doute là dessus, même si, mis à la suite les uns des autres, ils forment parfois juste un ensemble d'une musicalité certaine mais au sens perdu !

De la poésie aussi, il y a, mais une poésie mêlée de pseudo-profondeurs métaphysiques et philosophiques qui en gâche la résonance qui du coup n'est même plus induite.

Des histoires un peu embrouillées en plus, comme si certains passages étaient restés à l'état de brouillons. Brouillons posés là entre deux belles phrases, entre deux belles pensées parfois.

Des contes méditatifs et poétiques pour mieux comprendre la vie, pour arriver à mieux se percevoir, pour gérer nos souffrances et pour traverser d'une manière zen notre temps de passage sur terre. Ben là, je ne vois vraiment pas. Bon, je suis peut-être un peu hermétique à ce genre d'enseignement...

L'auteure vit certainement une vie intérieure très riche mais je ne suis pas convaincue que sa plume soit le meilleur support pour nous la faire partager.

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