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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 16:53

 

Un destin brisé, une énigme de l'Histoire ou juste un homme différent…

 

« Louis II est un Wittelsbach. Il sera marqué par l'hérédité des Wittelsbach. Il sera l'incarnation de leur destin. »

 

Pauvre Louis, Prince solitaire, sevré très jeune de l'amour sans faille de sa nounou, éduqué à la dure par un militaire volontaire et fidèle mais qui manque clairement de pédagogie, enfermé dans son rôle d'héritier où la chaleur d'une famille aimante n'a aucune place ; enfant malheureux qui trouvera une échappatoire dans ses rêves de chevalerie.

Pauvre Louis, Roi bien trop jeune, à l'aube de ses vingt ans, qui se réveillera au son de l'Opéra et quel opéra, celui de Wagner. Et l'amour jaillira de ce cœur trop tendre, trop romantique pour cette musique qu'il semble le seul à comprendre et dans lequel le compositeur trouvera comme une âme sœur qui l'accompagnera d'une manière indéfectible jusqu'à la fin.

Et le temps passe pour ce jeune Roi, si grand, si beau, au regard toujours tourné vers le ciel, aux aspirations toujours portées vers l'absolue beauté.

Le temps passe dans un monde irréel, créé hors du temps pour ce roi rêveur et le temps passe aussi dans le monde réel où le roi doit s'investir pour son peuple, pour son royaume. Et c'est bien là le grand paradoxe, malgré ses absences, malgré ses fuites toujours renouvelées, Louis aura toujours à cœur de garder l'indépendance de sa chère Bavière mais aussi l'union fédérée de la grande Allemagne. Union qu'il aurait voulu construite sur l'Art allemand, union qui sera finalement réalisée militairement par Bismarck…

Et ce temps qui passe est source de douleurs aussi : le petit frère du roi sombre dans la démence, Wagner trompe l'amour pur du souverain avec ses nombreuses muses, la politique le presse et le contraint lui qui n'aspire qu'à la liberté et la pureté de l'air qu'il ne trouve que dans ses chers alpages, son homosexualité enfin qu'il ne peut accepter et qu'il combat de toute ses forces le trouble profondément et le mine.

Et, bien que toujours jeune, le Roi s'isole de plus en plus, il ne peut plus supporter la laideur du monde, la musique ne lui suffit plus, il s'investit dans l'architecture. Et, là encore, tout sera dans l’extravagance, trois châteaux, trois rêves : le premier rend hommage au monde de la chevalerie ; le second, un hymne aux Bourbons et le troisième, une réplique de Versailles en l'honneur de Louis XIV. Mais tout cela coûte cher, très cher. Déjà, la population n'a pas oublié la montagne d'argent « gaspillé » pour le cher Wagner et maintenant, ce nouveau délire dispendieux ! Le gouvernement ne va pas se laisser faire et, avec l'aide de quelques domestiques véreux, le roi Louis II de Bavière va être déclaré fou et inapte à gouverner. Plus qu'un complot, c'est une trahison et le peuple l'a bien compris qui a encore essayé de protéger son roi, différent mais pas fou. Mais la ruse l'a emporté sur la fidélité, l'aigle des Alpes ivre de liberté s'est finalement suicidé pour devenir une légende.

 

« Louis II est mort dans un décor romantique où l'eau peut être aussi lisse que l'était la peau du visage de ce jeune monarque ou agitée par une brusque tempête, comme l'était le cerveau de cet homme en proie aux tourments les plus insensés. »

 

Une plume superbe réunit les documents d'archives (lettres, journal intime, rapports médicaux, plans, extraits de presse,…) et nous offre un documentaire qui retrace la vie de Louis II de Bavière qui se lit comme un roman. On peut alors se faire sa propre opinion sur la folie de ce roi qui n'aurait jamais dû être roi. Etait-il dément comme son frère ou juste différent, extravaguant ? En avance sur son temps pour certaines choses comme l'intégration dans ses châteaux des nouveautés technologiques de la fin du XIXème siècle, de la réalisation réelle de simples élucubrations littéraires comme la table qui se dessert toute seule... Ou alors, perdu dans un siècle où le romantisme n'a plus la cote, où seule compte la réalité… Fou pour les médecins à la solde du pouvoir et qui ne l'ont même pas examiné ; homme bienveillant et lucide pour les paysans qui le côtoyaient tous les jours… Une énigme dont l'origine se trouve peut-être aussi dans son ascendance faite de multiples mariages consanguins et dont l'étrangeté se retrouve dans sa seule vraie amie, sa cousine germaine, sa sœur, Sissi, impératrice d'Autriche.

 

« Lointaine, rêveuse, imprévisible, inconséquente, Sissi ressemble à Louis II comme une sœur, mais avec plus de mesure.

Le sang des Wittelsbach ne coule pas dans leurs veines avec le même bouillonnement. Chez Sissi, l'hérédité se fait plus discrète, presque pudique. Chez le roi de Bavière, elle est spectaculaire, hallucinante. Chez elle, le déséquilibre est voilé, chez lui il est effrayant. »

 

 

« Et son amour des fleurs est peut-être sa première passion. Il les aimera au point d'en dessiner un bouquet sur chacune des lettres qu'il écrira plus tard. »

 

« Tout est si paisible ici, ce silence si stimulant, alors que dans le bruit du monde, je suis si malheureux ! »

 

Une histoire magnifique, un destin tragique, une légende vivante dont les réalisations sont toujours bien présentes dans ce magnifique « royaume » de Bavière.

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Published by Carine - dans Biographie
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 08:34

 

Génial, pas d'autres mots pour décrire ce roman pour le moins intriguant.

Un fait bien réel, l'attentat de Lockerbie ; une légende toujours bien vivante dans la région de Berkeley, Bisley Boy ; des tensions réelles entre les différents services américains et britanniques, CIA/MI6 et FBI/SOCA ; et pour finir, un clivage en Irlande dont les origines datent du règne d’Élisabeth 1ère… Voilà le terreau d'un récit qui décoiffe ;-)

Une plume riche et des plus documentées, un rythme soutenu, des personnages plus vrais que nature, une intrigue qui continue à tourner dans ma tête, et pour le fond, un décor toujours bien présent dans Londres et ses environsUn roman passionnant qui n'a qu'un seul gros défaut, il se lit bien trop vite ;-)

Et pourtant, j'ai fait durer le suspense, toutes les dix pages à peu près, je me suis lancée sur google image pour une visite virtuelle des lieux décrits. J'ai adoré :-)

Et à d'autres moments, via wikipédia, j'ai continué ou plutôt refait, les recherches de l'auteur pour mon propre plaisir. J'ai adoré aussi ;-)

Un thriller moderne où l'Histoire tient une place de choix, voilà la marque de Steve Berry qui a compris qu'un récit est encore plus fort quand il mêle dans sa trame réalité et fiction.

 

« Elle ne perdait pas son temps à discuter de ce qu'on ne pouvait plus changer. Elle était toujours positive, prête à se réjouir, à envisager le meilleur. »

 

« Que serait un secret s'il ne pouvait pas être découvert ? »

 

« Celui qui boit du vin dort bien. Celui qui dort bien ne peut pas pécher. Celui qui ne pèche pas va au ciel. »

 

Et finalement, si c'était vrai ? Une légende comporte toujours une part de vérité alors pourquoi pas celle-ci...

Tellement envie que certaines analyses ADN se fassent pour connaître le fin mot de l'Histoire moi ;-)

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 10:54

 

Emile Jacotey, Philippe Jaccottet, deux personnages bien différents et pourtant…

L'un est chanté par Ange, j'adore :-)

Et le patronyme faisant, me voici confrontée à l'autre, le poète reconnu et pour moi totalement inconnu…

 

« … O fruits

mûrs, source des chemins dorés, jardins de lierre,

je ne parle qu'à toi, mon absente, ma terre... »

 

Plus facile de se laisser bercer par la musique même si la parole est poésie que de mettre un sentiment sur des mots jetés au vent. Et pourtant, le temps passe…

 

« ...Je vois ma santé se réduire,

pareille à ce feu bref au-devant du brouillard

qu'un vent glacial avive, efface… Il se fait tard. »

 

Et le poète célèbre la vie, l'amour, dans le souvenir et ce, jusqu'à la mort ; mort de l'amour, mort du souvenir, la mort enfin, celle qui nous guette tous…

 

« Sois tranquille, cela viendra ! Tu te rapproches,

tu brûles ! Car le mot qui sera à la fin

du poème, plus que le premier sera proche

de ta mort, qui ne s'arrête pas en chemin. »

 

Et les vers coulent, n'évoquent pas les fées mais les nymphes, et toujours s'opposent le lierre éternelle et les roses éphémères. Et pourtant, le temps est-il inexorable, vraiment, n'y a-t-il aucun espoir...

 

« Me comprendras-tu ? Je n'ai pas le moyen

de rien perdre, car je voudrais ne pas vieillir,

mais simplement mûrir de toutes mes années. »

 

Et jeune d'un premier recueil, l'auteur nous berce de sa mélancolie de vieillir alors qu'il est toujours dans sa prime jeunesse…

 

« … Toute douceur, celle de l'air

ou de l'amour, a la cruauté pour revers,

tout beau dimanche a sa rançon, comme les fêtes

ces taches sur la table où le jour nous inquiète. »

 

La poésie ne se critique pas, elle se vit, elle se sent.

La poésie, une lance fragile qui pénètre l'âme et le cœur.

La poésie, des mots pour décrire la douleur, le bonheur.

La poésie, une sensation que souvent l'on ressent ;-)

 

Un CD à réentendre, un recueil à relire ; les émotions à fleur de peau, ça vous chamboulent toujours :-)

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Published by Carine - dans Poésie
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 16:19

 

Une lecture complexe qui pourtant se lit d'une traite.

Une perspective futuriste qui fait frémir tant son côté fiction n'est pas si loin de notre réalité.

Un thriller historique qui commence au Ier siècle de notre ère, en Judée, et nous promène du bassin méditerranéen aux confins de la Chine impériale ; de Jésus au très Saint Père en passant par Gengis Khan.

Une analyse approfondie de notre monde présent où le libéralisme à tous vents et le matérialisme exacerbé ont creusé un fossé de plus en plus grand entre une poignée de personnes très très riches et une masse populaire, de plus en plus pauvre, de plus en plus précaire.

Une hypothèse des plus sensées mais des plus inhumaines pour circonvenir une épidémie dans un monde surpeuplé ; solution déjà en voie d'acceptation d'une certaine façon ; quelle horreur !

Une approche de la Vérité de Dieu qui nous présente deux faces, une rigide d'égoïsme glacé, l'autre chaleureuse d'amour partagé, deux visages aux finalités opposées.

Un conte incessamment répété sous sa forme première, dans sa logique scientifique, dans sa version accusatrice.

Une Éthique morale enfin qui seule peut mener à l'espoir, qui est la porte de la « revivance ».

Une plume riche et colorée qui bouscule le lecteur et l'oblige à mener une réflexion sur le sens de la vie.

 

« Les gosses hallucinés des années 1990, soudés six heures par jour à leurs consoles vidéo, accueillirent les cocons, vingt ans après, comme une évolution naturelle : ils n'étaient, somme toute, que la concrétisation d'un vieux rêve, l'immersion totale dans un monde virtuel, hors d'atteinte des vicissitudes du réel. »

 

« Les dix mille sondés du Panel ne réclamaient pas justice : ils voulaient un coupable. Désigner un coupable était la règle d'or de la gestion des crises. Réfléchir était facultatif et ne venait en tout état de cause qu'ensuite. Un bon coupable, convenablement diabolisé, dispensait même de chercher les véritables causes d'un problème. »

 

« Seule la cathédrale de pierre résiste au temps. Celle de bois est vouée à disparaître. Elle n'en est pas moins noble. Donner de l'esprit à la matière : n'est-ce pas une justification suffisante ? »

 

Alors, soyons vigilant, soyons bien conscient que :

« Le Web ne relie pas, il disloque. Il ne rapproche pas, il démembre. Il n'unit pas, il isole. Le Web, c'est le contraire de la vie. »

Et si, un jour, on vous propose une société ZéroContact, pour vous protéger, pour vous préserver, alors fuyez, c'est un mensonge !

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Published by Carine - dans Science fiction
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:46

 

Toute ébouriffée et retournée après cet enchaînement de rebondissements dont certains sont des plus crédibles !

Bon, ce n'est qu'un film, d'accord, un livre, mais bon, s'il y a juste un chouia de vérités dans l'histoire, c'est pour le moins angoissant. Il faut dire aussi que l'anxiété me guette vite quand l'ambiance colle trop à une réalité possible...

 

Un gentil, qui voit toujours la vérité mais qui n'a plus d'identité ;

Une méchante, très puissante, manipulatrice manipulée par un gourou ;

Un gourou, dangereux, passé de mode et mis à l'écart, mais pas par tous ;

Un autre gentil, statistiquement moyen mais chiffrement génial ;

Un chef, compétent, attentif, qui veille à ses ouailles ;

Une artiste, visage lisse qui renvoie juste le sentiment attendu ;

Une bande de tueurs, au service du royaume, au service des grands, au service des fous ;

Un président, bienveillant, visionnaire, bien mal entouré ;

Et un monde enfin qui change et ça ne plaît pas à tous !

Un résumé qui n'en est pas un pour une histoire de dingues qui prend aux tripes.

 

« L'homme dans li miroir lui était inconnu. C' n'était pas lui en plus émacié ou en plus torturé. Ce n'était pas lui avec un front plissé par l'âge ou des cernes noires sous les yeux. Ce n'était pas lui du tout. »

 

« Imputer une raison à la folie n'était un paradoxe qu'en apparence. Provoquer artificiellement la folie faisait partie des techniques perverses du contre-espionnage. Un moyen de discréditer quelqu'un. Il suffisait de faire circuler un enregistrement pour persuader les parties intéressées que le sujet était fou à lier et ainsi enterrer rapidement les enquêtes. »

 

« Rude, buriné, mais… hydraté. L'archétype du milliardaire baroudeur. »

 

« - Merde, Caston. J'ai perdu deux ans de ma vie. Deux ans de lavage de cerveau. Deux ans de solitude. Deux ans de désespoir.

Caston plissa les yeux. « Ça fait six. » »

 

Une éternité que je n'avais plus lu de roman d'espionnage et celui-ci n'est pas mal du tout. Un récit bien documenté, sur les arcanes des services secrets américains, sur les relations commerciales internationales, sur le monde parallèle des agents sortis du système mais repris par des agences privées, et enfin sur les moyens dont dispose un espion en pleine mission. Et malgré quelques passages plus techniques et quelques répétitions, on trouve beaucoup d'humour et de tendresse dans la façon dont l'auteur fait vivre ses personnages.

Une lecture plaisir qui donne des frissons dans le dos ;-)

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Published by Carine - dans Thriller
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 15:58

Que dire de cet essai si ce n'est qu'entre lui et Cyrano, il n'y a pas photo…

...

Facile aussi de parler de ses propres expériences exotiques, ainsi m'en vais-je vous conter notre aventure en BMW Z4 sur les routes bien balisées de Belgique. Ainsi, nous voilà partis, cheveux aux vents, sourire au lèvres, petite valise dans le coffre (qui est énorme par rapport aux autres cabriolets que nous avions testés…) et prêts pour l'aventure, la vraie. Allez, un petit week-end, une excursion facile pour faire le tour des cimetières non encore visités (bon d'accord, ça fait glauque mais c'est pour la bonne cause, généalogie quand tu nous tiens), première étape à une cinquantaine de kilomètres de la maison et le chemin nous était bien connu, mais c'est l'aventure et nous voilà embarqué dans une magnifique chaussée inconnue dont le nom donne des frissons à qui aime l'histoire. Chaussée de Brunehaut qu'elle s'appelle, c'est pas rien quand même, une princesse wisigoth devenue reine des Francs, ça en jette ! Et tout commence gentiment, une belle chaussée bien pavée, bordée de beaux arbres aux cimes ensoleillées, et l'on entend bien le gazouillis des oiseaux, et l'on profite bien de la bonne odeur de la campagne, et doucement, on s'est enfoncés après une dizaine de kilomètres dans ce qu'il faut bien appeler un chemin de terre semé de cailloux, truffé de bosses et de fosses, de plus en plus étroit et qui semblait se terminer dans une douce prairie dont l'accès ne se faisait plus que par quelques tracteurs courageux. Chaussée de Brunehaut qui un temps fut peut-être le chemin des carrosses entre Florenville et Arlon mais qui depuis longtemps, abandonnée aux fermiers peu scrupuleux et surtout peu soigneux, l'ont laissée en jachère, oubliée, perdue et tout à fait impraticable pour une voiture de notre temps qui plus est un cabriolet bas sur roue. La conclusion, une marche arrière pour le moins laborieuse, une heure de perdue, beaucoup de stress et finalement, un énorme fou rire à chaque fois que l'on parle de notre fichue chaussée. Voilà, vous ai-je fait rire, je ne crois pas ; cela vous a-t-il apporté quelque chose, je ne crois pas non plus ; ainsi en est-il de cet essai qui parle bien mais qui n'émeut point !

...

 

« Ce que j'aimais, ce n'était pas l'absolu de la vitesse, c'était le contraire de la lenteur, qui est relatif : faire vite, plutôt qu'aller vite. »

 

« Ce n'est pas tout de posséder un beau monstre, encore faut-il que les autres en soient privés. Que les purs esprits me jettent la première pierre. »

 

« Si la comparaison entre femmes et voitures, bien que tentante, ou à cause de cela, me paraît toujours vulgaire, il est un domaine où elle s'impose avec naturel : celui de l'occasion. »

 

« Méfiez-vous des femmes qui ne conduisent pas : elles ont les chairs molles. »

 

Comme auteur, il a eu des hauts et des bas, eh bien ça ne m'étonne pas ! Ce que j'ai lu ici montre surtout beaucoup de pédanterie et de snobisme et un peu de racisme et de misogynie aussi : « J'expose mes voitures, mes excès (en voiture), mes fantasmes (en voiture), mes amis (bien connus et via la voiture) et mes convictions (très légères ces dernières et toujours, en voiture) ». Pas de sociologie ni de philosophie, juste une liste de voitures auxquelles il associe quelques événements de vie très peu transcendants pour moi…

Pour être tout à fait honnête, la voiture pour moi n'est qu'un objet qui sert à se déplacer, et donc, le lyrisme dont l'auteur use et abuse pour parler de ses automobiles me passe bien au dessus de la tête. Et si un essai, c'est parler de soi au travers d'une de ses passions, le genre ne me plaît pas non plus…

Une lecture barbante, 147 pages de pur ennui !

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Published by Carine - dans Essai
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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 08:39

 

Magnifique, il n'y a pas de mot assez fort, assez puissant, pour donner son sentiment.

Les vers se déroulent au fil des pages et, veut-on les retenir qu'ils s'échappent déjà et s'en vont gentiment vivre leur vie.

Et ce ne sont plus des mots mais des gâteries qui s'écoulent de ces bouches fleuries.

Et le cœur est bien là, toujours à fleur de peau, toujours aux bords des lèvres, pour donner le ton, pour donner le la.

Mais que c'est beau, ces mots qui descendent vite mais qui peinent à monter ; ces mots qui tranchent dans le vif mais qui polissent l'émoi ; ces mots qui se noient dans l'ombre mais qui touchent la lumineuse clarté ; ces mots toujours qui jamais ne font défaut mais qui butent parfois tant le cœur est gros ; ces mots de l'amour par procuration qui sont tellement vrais qu'on ne les dit qu'une fois.

Enfin, je l'ai lu, et ce ne sera pas la dernière fois. Et si la tirade du nez m'était connue, que de répétitions avec les enfants lors de travaux scolaires, le reste, ma foi, restait toujours dans l'ombre. Mais quelle erreur quand on y pense que de ne retenir que ce nez finalement alors que ce cœur déborde et se répand tout du long d'un amour sans réserve. Tudieu, j'en pleure encore...

 

« Je n'ai pas de gants ?… la belle affaire !

Il m'en restait un seul… d'une très vieille paire !

- Lequel m'était d'ailleurs encor fort importun :

Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un. »

 

« C'est une expérience à tenter un poète.

Veux-tu me compléter et que je te complète ?

Tu marcheras, j'irai dans l'ombre à ton côté :

Je serai ton esprit, tu seras ma beauté. »

 

« - Mais pourquoi parlez-vous de façon peu hâtive ?

Auriez-vous donc la goutte à l'imaginative ? »

 

« J'aime que leur souffrance ait changé de viscère,

Et que ce soit leur cœur, maintenant, qui se serre ! »

 

Et c'est tellement difficile de quitter un tel texte qu'il me faut sur le champ écrire une petite bafouille pour le résumer ;-)

 

Une pièce de théâtre me direz-vous, c'est un peu court !

Une biographie donc, il y en a un peu mais pas assez ;

Une longue tirade, mais non, c'est juste celle du nez ;

Une symphonie joyeuse où les sons riment avec toujours...

Une affaire de gascons, palsambleu vous en êtes très loin ;

Une petite poésie, que nenni, une grande j'en suis témoin ;

Une pantalonnade alors, qui percute et vaut le détour...

Une comédie, allons, allons, c'est trop vulgaire ;

Une tragédie, on pleure allez, ça ne va pas plaire !

Une histoire de cœur palpitant où juste prime l'Amour :-)

Une tragi-comédie romantique, que de qualificatifs,

Un texte magnifique, sublime, enfin les superlatifs !

Une romance où inséparables sont Amour et Toujours...

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Published by Carine - dans Théâtre
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 16:15

Billie

Et les mots claquent, sautent, s'épanchent, pleurent, chantent et se heurtent à la vie, car ici pas de longueurs, pas de pauses, pas de digressions ni de philosophie sur la vie et l'amour, juste de l'émotion à l'état pur !

Et l'on rit et l'on pleure, car les mots nous donnent des frissons et les poils se hérissent de joie et de peine. Et quand le récit se termine, on se sent plus riche, plus fort pour affronter les jours qui défilent et qui nous apportent aussi notre lot de rire et de larmes, notre lot de vie.

 

« Ils avaient tout. Le pognon, la beauté, la santé, la jeunesse, un gentil papa, des sentiments l'un pour l'autre, tout… Et ils ont tout foutu en l'air, et tué quelqu'un au passage, par… par caprice… par égoïsme… pour le plaisir d'enfiler les moucherons et de blablater autour d'une fontaine en se donnant des petits coups d'éventail sur le nez. »

 

Mathilde

Et l'on reprend tout, et l'on recommence, les joies, les peines, les erreurs, les envies, le temps qui passe et la vie qui défile en apportant son lot de boulets, de frayeurs, de choix et de bonheurs.

Un peu brouillon, un peu cassé, comme ces jeunes à la recherche d'un espoir une fois à portée de main mais aujourd'hui presque disparu.

Un peu fouillis comme une ébauche d'un roman à venir où l'on retrouvera alors toute la gouaille de l'auteure dans le côté un peu dispersé de cette nouvelle.

 

« Elle admirait les étirements brumeux, la langueur canaille, l'indolence mi-close et déjà aguichante d'une ville que ses pauvres petits yeux explosés par la fatigue, l'alcool et la myxomatose des mélancoliques anonymes ne voyaient plus depuis longtemps et qui demeurait, on avait beau dire, belle comme le jour. »

 

Yann

Eh oui, « on peut rater sa vie par politesse », et c'est alors d'une tristesse…

Et pourtant un rien, un rencontre, une soirée hors du temps, un personnage pas possible, peut tout changer. Car la vie, c'est pas simple. On s'accroche, on espère, on croit que le chemin est bon alors que tout va de travers, qu'on a tout raté, par gentillesse, par politesse, par peur. Il suffit peut-être de retrouver sa route de vie...

Et si on ose alors, ben oui, tout est possible ;-)

 

« Oui, il faut que j'en bave, que j'aie froid, que j'aie faim et que je profite d'être enfin seul pour me coucher enfin mort. »

 

« Bien sûr, je ne trompais personne. C'était juste que j'étais entièrement décongelé à l'heure qu'il était et que, mon élasticité revenue, je rendais un peu d'eau, voilà tout. »

 

« Mon jeune ami… Bien sûr que je la connaissais. Les gens qu'on aime, on ne les rencontre pas, voyons, on les reconnaît. »

 

Conclusion

J'aime pas les nouvelles, c'est trop court, ça s'arrête trop vite, c'est trop poignant en si peu de temps.

Il y a trop de sentiments vomis, rabâchés, trop de personnages attachants, trop de situations réelles…

On s'y retrouve trop vite, jeunes ou encore vieux, dans nos enfants qui traversent les mêmes épreuves…

J'aime pas les nouvelles mais celles-ci sont tellement porteuses d'espoir que je ne peux que les aimer, car elles ouvrent une porte, elles montrent un chemin, elles éclairent une possibilité.

Et en plus, l'écriture est belle, moderne, pleine de peps même en cas de blues.

J'aime quand même pas les nouvelles, c'est toujours trop court ;-)

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Published by Carine - dans Nouvelles
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 15:24

 

Waouh ! Un livre rouge comme je les aime ; le fond bien documenté, la forme assez littéraire et l'histoire, elle, digne d'une belle légende.

Quand l'amour traverse les siècles ; quand d'âmes en âmes ressuscitées, il se reconnaît ; quand vies après vies, il renaît pour enfin s'accomplir ; alors, rien ne lui résiste plus et la vie, la vraie, peut finalement s'accomplir.

Mais, ce n'est pas aussi simple, car si l'âme et le corps se reconnaissent aussitôt, parfois la raison peine et freine et cause chagrin et douleur. D'un mot, d'une phrase, tout peut s'ordonner mais c'est sans compter l'orgueil qui pointe souvent le bout de son nez. Et si on ajoute à cela un trésor fabuleux et un relent de haine pure, nous voilà plongé dans un drame dont la fin ne peut être que belle, livre rouge oblige, mais où le chemin pour y arriver est pour le moins truffé d'embûches.

Un cadre magnifique, la cour d'Espagne en 1848, le Texas et le Pérou à la même époque ; partout une vie difficile, parmi les nobles prétentieux et les pervers, les brigands armés et les indiens insaisissables, la jungle sauvage et le peuple digne mais soumis.

Une belle histoire, bien différente des classiques du genre qui souvent ont pour décor la cour d'Angleterre ;-)

 

« Elle était comme la Belle au Bois Dormant, dont sa mère lui avait conté l'histoire quand elle était petite. Mais le prince charmant tardait et son cœur restait en sommeil... »

 

« C'était un monde fascinant et terrible à la fois, où la beauté côtoyait la cruauté et la mort. »

 

« Eux, de simples mortels, connaître tant de félicité ? Une catastrophe allait forcément tout détruire, pour les punir de vivre ce dont les autres ne savaient que rêver. »

 

Et le fameux trésor dans tout cela, ce trésor qui a détruit des familles entières, anéanti des vies, transformé des gens honorables en pitoyables assassins, est finalement à la portée de tous…

 

« L'amour est le plus grand trésor au monde, et dépasse l'or et la gloire. Les richesses ne durent pas, la gloire est éphémère. Seul l'amour est éternel. » ;-)

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Published by Carine - dans Roman rouge
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 14:21

 

Magnifique!

Une épopée digne du grand Dumas mais avec une plume beaucoup plus fine.

Et l'on rit, et l'on pleure, et l'on s'accroche tant les aventures se multiplient et se culbutent, toutes tournée vers un même but.

Et les Grands de l'Histoire de France, socle du récit, nous content, avec une verve forte et colorée, une des périodes des plus troubles et des plus cruelles de ce pays, celle de la Fronde. Une guerre entre frères, entre père et fils, entre époux, entre quartiers, entre villes, tous d'un même pays qui pourtant pendant cinq longues années vont s'affronter pour le pouvoir. Pouvoir qui finalement reviendra entre ses mains légitimes, celles du Roi.

Et, en ces années noires, entre trahisons et guets-apens, famine et grande pauvreté, duels à la loyale et crimes sordides, fleurira l'amour le plus pur, le plus beau, celui capable de soulever des montagnes et de rendre les hommes meilleurs et libres de leur destinée.

Et de capes et d'épées, d'amitié et de grande philosophie, de trésors cachés et d'affaires résolues, nous voilà au cœur de Paris, celui lumineux de Notre-Dame, celui plus sombre des égouts, et on avance alors la tête bien droite car l'honneur , le devoir et la justice ne peuvent que prévaloir sur tout le reste.

Une leçon d'histoire, une leçon de vie aussi ; un roman d'amour, un immense thriller ; un jeu de stratégie, une incursion dans un monde de perversion absolue ; un livre que je n'oublierai pas de sitôt !

 

« Le masque semblait effarant par sa platitude même et pareillement tout manque d'expression. Des traits lisses, sans rides, presque stylisés et qu'on eût plutôt imaginés du côté de l'art païen quand on sait comme les cruels artisans barbares impriment quelquefois à leur talent la marque d'une déconcertante neutralité. »

 

« Il croyait au bien, donc au mal ; à Dieu, donc au diable. Mais jamais les œuvres du Malin ne s'étaient présentées à ses yeux effarés avec une telle netteté. »

 

« Après un potage à la bisque de pigeons relevé de pointes d'asperges, on attaqua une croupe de veau garnie de côtelettes, des fricandeaux farcis, un cochon de lait, des fromages de Fleury et de Brie puis une tarte aux pomme. Le tout arrosé d'un excellent vin de Graves. »

 

« Nissac était la guerre, l'homme de guerre. On devinait le général sans qu'il fût nécessaire de savoir son nom et sa qualité. Avec lui, avec cette silhouette, avec toute cette violence de l'homme couché sur son cheval pour lui allonger l'encolure, on croyait entendre les hurlements des blessés, le bruit des boulets, les remparts qui craquent, les charges qui se brisent, l'infanterie qui reflue. On imaginait le sang, les rubans d'intestins sur la verdeur des prés. On sentait l'odeur de la poudre et les fragrances aigres de la peur. »

 

« Les hommes ne pourront point toujours passer au large de la détresse, fût-elle celle d'un individu. Et c'est ainsi que le monde changera. »

 

Trop contente, cinq lectures, cinq coups de cœur :-)

Et pour ce qui est de Fajardie, trop heureuse d'avoir découvert, du coup par hasard, plusieurs de ses romans dans ma bibliothèque.

Oh, ma merveilleuse bibliothèque, qui garde toujours en son sein quelques trésors non lus, juste pour si un jour je me casse les deux jambes ou alors, pour combler facilement les items d'un challenge multi-défis de Babelio ;-)

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Published by Carine - dans Roman
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