Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:46

 

Toute ébouriffée et retournée après cet enchaînement de rebondissements dont certains sont des plus crédibles !

Bon, ce n'est qu'un film, d'accord, un livre, mais bon, s'il y a juste un chouia de vérités dans l'histoire, c'est pour le moins angoissant. Il faut dire aussi que l'anxiété me guette vite quand l'ambiance colle trop à une réalité possible...

 

Un gentil, qui voit toujours la vérité mais qui n'a plus d'identité ;

Une méchante, très puissante, manipulatrice manipulée par un gourou ;

Un gourou, dangereux, passé de mode et mis à l'écart, mais pas par tous ;

Un autre gentil, statistiquement moyen mais chiffrement génial ;

Un chef, compétent, attentif, qui veille à ses ouailles ;

Une artiste, visage lisse qui renvoie juste le sentiment attendu ;

Une bande de tueurs, au service du royaume, au service des grands, au service des fous ;

Un président, bienveillant, visionnaire, bien mal entouré ;

Et un monde enfin qui change et ça ne plaît pas à tous !

Un résumé qui n'en est pas un pour une histoire de dingues qui prend aux tripes.

 

« L'homme dans li miroir lui était inconnu. C' n'était pas lui en plus émacié ou en plus torturé. Ce n'était pas lui avec un front plissé par l'âge ou des cernes noires sous les yeux. Ce n'était pas lui du tout. »

 

« Imputer une raison à la folie n'était un paradoxe qu'en apparence. Provoquer artificiellement la folie faisait partie des techniques perverses du contre-espionnage. Un moyen de discréditer quelqu'un. Il suffisait de faire circuler un enregistrement pour persuader les parties intéressées que le sujet était fou à lier et ainsi enterrer rapidement les enquêtes. »

 

« Rude, buriné, mais… hydraté. L'archétype du milliardaire baroudeur. »

 

« - Merde, Caston. J'ai perdu deux ans de ma vie. Deux ans de lavage de cerveau. Deux ans de solitude. Deux ans de désespoir.

Caston plissa les yeux. « Ça fait six. » »

 

Une éternité que je n'avais plus lu de roman d'espionnage et celui-ci n'est pas mal du tout. Un récit bien documenté, sur les arcanes des services secrets américains, sur les relations commerciales internationales, sur le monde parallèle des agents sortis du système mais repris par des agences privées, et enfin sur les moyens dont dispose un espion en pleine mission. Et malgré quelques passages plus techniques et quelques répétitions, on trouve beaucoup d'humour et de tendresse dans la façon dont l'auteur fait vivre ses personnages.

Une lecture plaisir qui donne des frissons dans le dos ;-)

Repost 0
Published by Carine - dans Thriller
commenter cet article
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 15:58

Que dire de cet essai si ce n'est qu'entre lui et Cyrano, il n'y a pas photo…

...

Facile aussi de parler de ses propres expériences exotiques, ainsi m'en vais-je vous conter notre aventure en BMW Z4 sur les routes bien balisées de Belgique. Ainsi, nous voilà partis, cheveux aux vents, sourire au lèvres, petite valise dans le coffre (qui est énorme par rapport aux autres cabriolets que nous avions testés…) et prêts pour l'aventure, la vraie. Allez, un petit week-end, une excursion facile pour faire le tour des cimetières non encore visités (bon d'accord, ça fait glauque mais c'est pour la bonne cause, généalogie quand tu nous tiens), première étape à une cinquantaine de kilomètres de la maison et le chemin nous était bien connu, mais c'est l'aventure et nous voilà embarqué dans une magnifique chaussée inconnue dont le nom donne des frissons à qui aime l'histoire. Chaussée de Brunehaut qu'elle s'appelle, c'est pas rien quand même, une princesse wisigoth devenue reine des Francs, ça en jette ! Et tout commence gentiment, une belle chaussée bien pavée, bordée de beaux arbres aux cimes ensoleillées, et l'on entend bien le gazouillis des oiseaux, et l'on profite bien de la bonne odeur de la campagne, et doucement, on s'est enfoncés après une dizaine de kilomètres dans ce qu'il faut bien appeler un chemin de terre semé de cailloux, truffé de bosses et de fosses, de plus en plus étroit et qui semblait se terminer dans une douce prairie dont l'accès ne se faisait plus que par quelques tracteurs courageux. Chaussée de Brunehaut qui un temps fut peut-être le chemin des carrosses entre Florenville et Arlon mais qui depuis longtemps, abandonnée aux fermiers peu scrupuleux et surtout peu soigneux, l'ont laissée en jachère, oubliée, perdue et tout à fait impraticable pour une voiture de notre temps qui plus est un cabriolet bas sur roue. La conclusion, une marche arrière pour le moins laborieuse, une heure de perdue, beaucoup de stress et finalement, un énorme fou rire à chaque fois que l'on parle de notre fichue chaussée. Voilà, vous ai-je fait rire, je ne crois pas ; cela vous a-t-il apporté quelque chose, je ne crois pas non plus ; ainsi en est-il de cet essai qui parle bien mais qui n'émeut point !

...

 

« Ce que j'aimais, ce n'était pas l'absolu de la vitesse, c'était le contraire de la lenteur, qui est relatif : faire vite, plutôt qu'aller vite. »

 

« Ce n'est pas tout de posséder un beau monstre, encore faut-il que les autres en soient privés. Que les purs esprits me jettent la première pierre. »

 

« Si la comparaison entre femmes et voitures, bien que tentante, ou à cause de cela, me paraît toujours vulgaire, il est un domaine où elle s'impose avec naturel : celui de l'occasion. »

 

« Méfiez-vous des femmes qui ne conduisent pas : elles ont les chairs molles. »

 

Comme auteur, il a eu des hauts et des bas, eh bien ça ne m'étonne pas ! Ce que j'ai lu ici montre surtout beaucoup de pédanterie et de snobisme et un peu de racisme et de misogynie aussi : « J'expose mes voitures, mes excès (en voiture), mes fantasmes (en voiture), mes amis (bien connus et via la voiture) et mes convictions (très légères ces dernières et toujours, en voiture) ». Pas de sociologie ni de philosophie, juste une liste de voitures auxquelles il associe quelques événements de vie très peu transcendants pour moi…

Pour être tout à fait honnête, la voiture pour moi n'est qu'un objet qui sert à se déplacer, et donc, le lyrisme dont l'auteur use et abuse pour parler de ses automobiles me passe bien au dessus de la tête. Et si un essai, c'est parler de soi au travers d'une de ses passions, le genre ne me plaît pas non plus…

Une lecture barbante, 147 pages de pur ennui !

Repost 0
Published by Carine - dans Essai
commenter cet article
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 08:39

 

Magnifique, il n'y a pas de mot assez fort, assez puissant, pour donner son sentiment.

Les vers se déroulent au fil des pages et, veut-on les retenir qu'ils s'échappent déjà et s'en vont gentiment vivre leur vie.

Et ce ne sont plus des mots mais des gâteries qui s'écoulent de ces bouches fleuries.

Et le cœur est bien là, toujours à fleur de peau, toujours aux bords des lèvres, pour donner le ton, pour donner le la.

Mais que c'est beau, ces mots qui descendent vite mais qui peinent à monter ; ces mots qui tranchent dans le vif mais qui polissent l'émoi ; ces mots qui se noient dans l'ombre mais qui touchent la lumineuse clarté ; ces mots toujours qui jamais ne font défaut mais qui butent parfois tant le cœur est gros ; ces mots de l'amour par procuration qui sont tellement vrais qu'on ne les dit qu'une fois.

Enfin, je l'ai lu, et ce ne sera pas la dernière fois. Et si la tirade du nez m'était connue, que de répétitions avec les enfants lors de travaux scolaires, le reste, ma foi, restait toujours dans l'ombre. Mais quelle erreur quand on y pense que de ne retenir que ce nez finalement alors que ce cœur déborde et se répand tout du long d'un amour sans réserve. Tudieu, j'en pleure encore...

 

« Je n'ai pas de gants ?… la belle affaire !

Il m'en restait un seul… d'une très vieille paire !

- Lequel m'était d'ailleurs encor fort importun :

Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un. »

 

« C'est une expérience à tenter un poète.

Veux-tu me compléter et que je te complète ?

Tu marcheras, j'irai dans l'ombre à ton côté :

Je serai ton esprit, tu seras ma beauté. »

 

« - Mais pourquoi parlez-vous de façon peu hâtive ?

Auriez-vous donc la goutte à l'imaginative ? »

 

« J'aime que leur souffrance ait changé de viscère,

Et que ce soit leur cœur, maintenant, qui se serre ! »

 

Et c'est tellement difficile de quitter un tel texte qu'il me faut sur le champ écrire une petite bafouille pour le résumer ;-)

 

Une pièce de théâtre me direz-vous, c'est un peu court !

Une biographie donc, il y en a un peu mais pas assez ;

Une longue tirade, mais non, c'est juste celle du nez ;

Une symphonie joyeuse où les sons riment avec toujours...

Une affaire de gascons, palsambleu vous en êtes très loin ;

Une petite poésie, que nenni, une grande j'en suis témoin ;

Une pantalonnade alors, qui percute et vaut le détour...

Une comédie, allons, allons, c'est trop vulgaire ;

Une tragédie, on pleure allez, ça ne va pas plaire !

Une histoire de cœur palpitant où juste prime l'Amour :-)

Une tragi-comédie romantique, que de qualificatifs,

Un texte magnifique, sublime, enfin les superlatifs !

Une romance où inséparables sont Amour et Toujours...

Repost 0
Published by Carine - dans Théâtre
commenter cet article
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 16:15

Billie

Et les mots claquent, sautent, s'épanchent, pleurent, chantent et se heurtent à la vie, car ici pas de longueurs, pas de pauses, pas de digressions ni de philosophie sur la vie et l'amour, juste de l'émotion à l'état pur !

Et l'on rit et l'on pleure, car les mots nous donnent des frissons et les poils se hérissent de joie et de peine. Et quand le récit se termine, on se sent plus riche, plus fort pour affronter les jours qui défilent et qui nous apportent aussi notre lot de rire et de larmes, notre lot de vie.

 

« Ils avaient tout. Le pognon, la beauté, la santé, la jeunesse, un gentil papa, des sentiments l'un pour l'autre, tout… Et ils ont tout foutu en l'air, et tué quelqu'un au passage, par… par caprice… par égoïsme… pour le plaisir d'enfiler les moucherons et de blablater autour d'une fontaine en se donnant des petits coups d'éventail sur le nez. »

 

Mathilde

Et l'on reprend tout, et l'on recommence, les joies, les peines, les erreurs, les envies, le temps qui passe et la vie qui défile en apportant son lot de boulets, de frayeurs, de choix et de bonheurs.

Un peu brouillon, un peu cassé, comme ces jeunes à la recherche d'un espoir une fois à portée de main mais aujourd'hui presque disparu.

Un peu fouillis comme une ébauche d'un roman à venir où l'on retrouvera alors toute la gouaille de l'auteure dans le côté un peu dispersé de cette nouvelle.

 

« Elle admirait les étirements brumeux, la langueur canaille, l'indolence mi-close et déjà aguichante d'une ville que ses pauvres petits yeux explosés par la fatigue, l'alcool et la myxomatose des mélancoliques anonymes ne voyaient plus depuis longtemps et qui demeurait, on avait beau dire, belle comme le jour. »

 

Yann

Eh oui, « on peut rater sa vie par politesse », et c'est alors d'une tristesse…

Et pourtant un rien, un rencontre, une soirée hors du temps, un personnage pas possible, peut tout changer. Car la vie, c'est pas simple. On s'accroche, on espère, on croit que le chemin est bon alors que tout va de travers, qu'on a tout raté, par gentillesse, par politesse, par peur. Il suffit peut-être de retrouver sa route de vie...

Et si on ose alors, ben oui, tout est possible ;-)

 

« Oui, il faut que j'en bave, que j'aie froid, que j'aie faim et que je profite d'être enfin seul pour me coucher enfin mort. »

 

« Bien sûr, je ne trompais personne. C'était juste que j'étais entièrement décongelé à l'heure qu'il était et que, mon élasticité revenue, je rendais un peu d'eau, voilà tout. »

 

« Mon jeune ami… Bien sûr que je la connaissais. Les gens qu'on aime, on ne les rencontre pas, voyons, on les reconnaît. »

 

Conclusion

J'aime pas les nouvelles, c'est trop court, ça s'arrête trop vite, c'est trop poignant en si peu de temps.

Il y a trop de sentiments vomis, rabâchés, trop de personnages attachants, trop de situations réelles…

On s'y retrouve trop vite, jeunes ou encore vieux, dans nos enfants qui traversent les mêmes épreuves…

J'aime pas les nouvelles mais celles-ci sont tellement porteuses d'espoir que je ne peux que les aimer, car elles ouvrent une porte, elles montrent un chemin, elles éclairent une possibilité.

Et en plus, l'écriture est belle, moderne, pleine de peps même en cas de blues.

J'aime quand même pas les nouvelles, c'est toujours trop court ;-)

Repost 0
Published by Carine - dans Nouvelles
commenter cet article
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 15:24

 

Waouh ! Un livre rouge comme je les aime ; le fond bien documenté, la forme assez littéraire et l'histoire, elle, digne d'une belle légende.

Quand l'amour traverse les siècles ; quand d'âmes en âmes ressuscitées, il se reconnaît ; quand vies après vies, il renaît pour enfin s'accomplir ; alors, rien ne lui résiste plus et la vie, la vraie, peut finalement s'accomplir.

Mais, ce n'est pas aussi simple, car si l'âme et le corps se reconnaissent aussitôt, parfois la raison peine et freine et cause chagrin et douleur. D'un mot, d'une phrase, tout peut s'ordonner mais c'est sans compter l'orgueil qui pointe souvent le bout de son nez. Et si on ajoute à cela un trésor fabuleux et un relent de haine pure, nous voilà plongé dans un drame dont la fin ne peut être que belle, livre rouge oblige, mais où le chemin pour y arriver est pour le moins truffé d'embûches.

Un cadre magnifique, la cour d'Espagne en 1848, le Texas et le Pérou à la même époque ; partout une vie difficile, parmi les nobles prétentieux et les pervers, les brigands armés et les indiens insaisissables, la jungle sauvage et le peuple digne mais soumis.

Une belle histoire, bien différente des classiques du genre qui souvent ont pour décor la cour d'Angleterre ;-)

 

« Elle était comme la Belle au Bois Dormant, dont sa mère lui avait conté l'histoire quand elle était petite. Mais le prince charmant tardait et son cœur restait en sommeil... »

 

« C'était un monde fascinant et terrible à la fois, où la beauté côtoyait la cruauté et la mort. »

 

« Eux, de simples mortels, connaître tant de félicité ? Une catastrophe allait forcément tout détruire, pour les punir de vivre ce dont les autres ne savaient que rêver. »

 

Et le fameux trésor dans tout cela, ce trésor qui a détruit des familles entières, anéanti des vies, transformé des gens honorables en pitoyables assassins, est finalement à la portée de tous…

 

« L'amour est le plus grand trésor au monde, et dépasse l'or et la gloire. Les richesses ne durent pas, la gloire est éphémère. Seul l'amour est éternel. » ;-)

Repost 0
Published by Carine - dans Roman rouge
commenter cet article
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 14:21

 

Magnifique!

Une épopée digne du grand Dumas mais avec une plume beaucoup plus fine.

Et l'on rit, et l'on pleure, et l'on s'accroche tant les aventures se multiplient et se culbutent, toutes tournée vers un même but.

Et les Grands de l'Histoire de France, socle du récit, nous content, avec une verve forte et colorée, une des périodes des plus troubles et des plus cruelles de ce pays, celle de la Fronde. Une guerre entre frères, entre père et fils, entre époux, entre quartiers, entre villes, tous d'un même pays qui pourtant pendant cinq longues années vont s'affronter pour le pouvoir. Pouvoir qui finalement reviendra entre ses mains légitimes, celles du Roi.

Et, en ces années noires, entre trahisons et guets-apens, famine et grande pauvreté, duels à la loyale et crimes sordides, fleurira l'amour le plus pur, le plus beau, celui capable de soulever des montagnes et de rendre les hommes meilleurs et libres de leur destinée.

Et de capes et d'épées, d'amitié et de grande philosophie, de trésors cachés et d'affaires résolues, nous voilà au cœur de Paris, celui lumineux de Notre-Dame, celui plus sombre des égouts, et on avance alors la tête bien droite car l'honneur , le devoir et la justice ne peuvent que prévaloir sur tout le reste.

Une leçon d'histoire, une leçon de vie aussi ; un roman d'amour, un immense thriller ; un jeu de stratégie, une incursion dans un monde de perversion absolue ; un livre que je n'oublierai pas de sitôt !

 

« Le masque semblait effarant par sa platitude même et pareillement tout manque d'expression. Des traits lisses, sans rides, presque stylisés et qu'on eût plutôt imaginés du côté de l'art païen quand on sait comme les cruels artisans barbares impriment quelquefois à leur talent la marque d'une déconcertante neutralité. »

 

« Il croyait au bien, donc au mal ; à Dieu, donc au diable. Mais jamais les œuvres du Malin ne s'étaient présentées à ses yeux effarés avec une telle netteté. »

 

« Après un potage à la bisque de pigeons relevé de pointes d'asperges, on attaqua une croupe de veau garnie de côtelettes, des fricandeaux farcis, un cochon de lait, des fromages de Fleury et de Brie puis une tarte aux pomme. Le tout arrosé d'un excellent vin de Graves. »

 

« Nissac était la guerre, l'homme de guerre. On devinait le général sans qu'il fût nécessaire de savoir son nom et sa qualité. Avec lui, avec cette silhouette, avec toute cette violence de l'homme couché sur son cheval pour lui allonger l'encolure, on croyait entendre les hurlements des blessés, le bruit des boulets, les remparts qui craquent, les charges qui se brisent, l'infanterie qui reflue. On imaginait le sang, les rubans d'intestins sur la verdeur des prés. On sentait l'odeur de la poudre et les fragrances aigres de la peur. »

 

« Les hommes ne pourront point toujours passer au large de la détresse, fût-elle celle d'un individu. Et c'est ainsi que le monde changera. »

 

Trop contente, cinq lectures, cinq coups de cœur :-)

Et pour ce qui est de Fajardie, trop heureuse d'avoir découvert, du coup par hasard, plusieurs de ses romans dans ma bibliothèque.

Oh, ma merveilleuse bibliothèque, qui garde toujours en son sein quelques trésors non lus, juste pour si un jour je me casse les deux jambes ou alors, pour combler facilement les items d'un challenge multi-défis de Babelio ;-)

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article
17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 14:01

Un souffle antique d'une rare puissance : d'évocation et de justesse historique.

Pas faciles les premières pages, où chaque nom de ville m'a précipitée sur mon ordinateur pour me situer moi qui suis une quiche en géographie. Bon, j'ai réalisé bien plus tard que l'auteur avait mis une carte en fin de volume, ça aide ;-)

Et me voilà alors plongée dans le Vème siècle avant Jésus-Christ où tous les noms sont différents, où les cités parfois majeures sont réduites maintenant à des sites archéologiques parfois mineurs, où seules quelques stars sont passées à l'immortalité, où les Dieux sont omniprésents, où la vie est trépidante et où finalement internet existait déjà via un peuple, les Sicanes, plutôt extra-lucides ;-)

Un voyage initiatique, pas à pas à la recherche de son moi, avec des pauses frivoles et d'autres plus introspectives, dans les forêts les plus sacrées aux bauges les plus puants des cités antiques, des actes héroïques aux décisions les plus déplorables, de l'amour le plus pur au plus dégradant, et finalement de la prise de conscience d'un pouvoir ancestral et d'une immense sagesse.

Un voyage émouvant où le pur désir a une place des plus grandes car il se mire dans un mensonge d'amour ; un voyage perturbant où l'amitié, avec le temps et la jalousie, prend la plus noire des figures ; un voyage reposant où la vie la plus frugale donne accès aux plus grandes richesses, celles de la conscience de la terre ; un voyage épuisant où les tâches terrestres sont les plus dures, les plus douloureuses mais aussi les plus fructueuses car elles rapprochent les êtres, tous tendus vers un même but.

Une plume merveilleuse qui chante le temps des anciens Dieux avec tant d'éloquence qu'on à l'impression d'y être vraiment.

 

« Je n'aime pas vraiment marchander, mais en commerçant avec des Grecs et des Phéniciens j'ai remarqué que le marchandage est pour le marchand source de plus de plaisir que la vente elle-même. Un marchand authentique sera profondément blessé si on accepte très vite le prix qu'il a demandé. »

 

« Quand à moi, j'errais sans savoir d'où je venais, où j'allais ni pourquoi. J'étais stérile comme une pierre et mon amour m'apportait plus de souffrance que de bonheur. »

 

« Écoute, étranger, ceux qui ne comprennent pas se satisfont en général de tout ce qui présente les couleurs et les lignes traditionnelles. Voilà pourquoi le monde est plein de gens adroits qui connaissent le succès et dont la vie est facile. Mais un véritable artiste ne se mesure qu'à lui-même. »

 

« Confus et tremblant, je reconnus en elle la déesse et je me réjouis que dans son cœur elle ne fût pas mauvaise. Cruelle, capricieuse, égoïste, déloyale même, elle demeurait le reflet de celle qui est née de l'écume. Une vague de désir, de tendresse et d'amour me porta vers elle, brûlant mon corps, tandis que je la contemplais. Mais je ne tendis pas la main pour la toucher. Le temps était révolu et j'étais libéré d'elle. »

 

« Le nord était mon destin et j'allais, plus libre que jamais auparavant, car je m'étais défait de ma vieille vie comme d'un vêtement en loques. La maladie m'avait laissé léger et aérien et il me semblait avoir des ailes aux pieds et ne plus fouler la poussière de la terre. La lumière solaire me grisait, le vert des jeunes prairies était suave à mes regards et je souriais en marchant. Avec moi marchait le printemps, et les gazouillis des oiseaux, les fleuves gonflés, les douces journées. »

 

Un magnifique roman qui retrace l'Histoire antique du bassin méditerranéen ; un demi-siècle de guerres, de sièges, de batailles sanglantes pour le pouvoir, pour l'extension des territoires avec ou sans la volonté des peuples mais toujours avec l'appui des Dieux. Une incursion d'autant plus prenante que son fil se déroule au travers de faits et personnages réels, où seuls finalement le héros et son entourage proche sont issus de l'imagination de l'auteur. Le tout, baignant dans une recherche des plus détaillées et méticuleuse de la vie quotidienne des gens de l'époque ainsi que leurs us et coutumes, a produit dans ma petite tête un merveilleux film que j'ai eu beaucoup de mal à quitter.

Repost 0
Published by Carine - dans Roman historique
commenter cet article
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 11:46

 

Magnifique, c'est un peu court et pourtant, comment décrire une lecture si riche, si vivante, où le merveilleux sans cesse renouvelé côtoie si bien les jalousies les plus basses.

Magnifique, toujours, cette plume qui s'élève, se déchaîne dans un océan de toiles, de dentelles, de soie, se distrait parfois dans quelques dialogues bien sentis d'une société bien choisie où tous les genres se retrouvent.

Magnifique, cette montée en puissance qui de pages en pages s'envole en lumière vers l'apothéose tandis qu'autour c'est la débandade, tout s'effiloche, tout meurt dans l'obscurité la plus noire.

Magnifique, ces personnages si bêtes, si méchants, si pleins de cette envie humaine de toujours manger l'autre, le plus haut, le plus puissant pour être finalement à leur tour mangés.

Magnifiques, ces femmes si naïves, si avides, si avisées parfois qu'un bibelot met en transe, qu'un calicot transporte, qu'un arc-en-ciel de couleurs émerveille, que le mot solde rend folles.

Magnifique, ce bazar qui grandit au fil des pages, qui se modernise même dans ses cuisines et qui, de petite boutique spécialisée se transforme en un monstre magnifique dédié à la femme et ses envies toujours changeantes, toujours renouvelées.

Magnifique enfin, cet amour impossible, unique et pur qui s'épanouit lentement aux détours des comptoirs, des escaliers, des ponts volants et ce, malgré la médisance, les ragots malsains et les vilenies les plus basses.

Magnifique aussi ce travail de recherche de l'auteur, pour être au plus près de cette révolution commerçante que sont l'éclosion des bazars au détriment des petits commerces dédiés. Sans nous noyer dans des détails superflus, il nous expose froidement le calcul de la réussite tout en nous dévoilant avec la palette infinie de la poésie la beauté époustouflante qui se dégage de l'art de la présentation qui éblouit et excite toutes les femmes au point parfois de leur faire perdre la tête.

Magnifique, cette explosion d'odeurs, de couleurs, de sentiments et d'images dans lequel ce roman m'a tout entière plongée au point que le mot fin m'a semblé trop rapide, j'en voulais encore...

 

« L'art n'était pas de vendre beaucoup, mais de vendre cher. »

 

« Et elle ne put s'empêcher de rire, tant l'idée lui parut singulière. Ce fut une transfiguration. Elle restait rose, et le sourire, sur sa bouche un peu grande, était comme un épanouissement du visage entier. Ses yeux gris prirent une flamme tendre, ses joues se creusèrent d'adorables fossettes, ses pâles cheveux eux-mêmes semblèrent voler, dans la gaieté bonne et courageuse de tout son être. »

 

« C'était un gouffre, on y engloutissait en un jour seize hectolitres de pommes de terre, cent vingt livres de beurre, six cents kilogrammes de viande ; et, à chaque repas, on devait mettre trois tonneaux en perce, près de sept cents litres coulaient sur le comptoir de la buvette. »

 

« Crever pour crever, je préfère crever de passion que de crever d'ennui ! »

 

« C'était par un instinct du bonheur qu'elle s'entêtait, pour satisfaire son besoin d'une vie tranquille, et non pour obéir à l'idée de la vertu. Elle serait tombée aux bras de cet homme, la chair prise, le cœur séduit, si elle n'avait éprouvé une révolte, presque une répulsion devant le don définitif de son être, jeté à l'inconnu du lendemain. L'amant lui faisait peur, cette peur folle qui blêmit la femme à l'approche du mâle. »

 

« Quand des calicots se mettent à vendre des savons et des galoches, ils peuvent bien avoir l'ambition de vendre de vendre des pommes de terre frites. Ma parole, la terre se détraque ! »

 

Pour le plaisir, je ne peux m'empêcher de vous faire partager ces quelques mots de Zola concernant ce roman :

 

« Là apparaît le côté poème du livre : une vaste entreprise sur la femme, il faut que la femme soit reine dans le magasin, qu'elle s'y sente comme dans un temple élevé à sa gloire, pour sa jouissance et pour son triomphe. La toute-puissance de la femme, l'odeur de la femme domine tout le magasin. Et l'idée commerciale d'Octave est là, plus ou moins consciente et affichée. »

 

Et c'est parfaitement réussi, un vrai coup de cœur, j'ai adoré :-)

Repost 0
Published by Carine - dans Roman classique
commenter cet article
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 10:41

 

Comment dire, lire un Diderot pour un challenge, pourquoi pas, mais...

Mais peut-être avec des pieds de plomb, m'attendant à une écriture ampoulée et obscure, une histoire alambiquée et incompréhensible, un discours occulte pour nous qui ne sommes plus de ce siècle-là.

Et pourtant, quelle découverte finalement !

Voici un homme qui fort de ses convictions humanistes va nous décrire intimement les revers d'une jeune fille enfermée contre son gré dans un couvent et son combat acharné pour recouvrer sa liberté perdue tout en respectant les règles internes de ces lieux contre nature. C'est une descente aux enfers alors qui se déroule sous nos yeux, avec la bénédiction de Dieu et de certaines de ses institutions, avec la bénédiction du monde séculier qu'il soit de pouvoir ou de famille.

Diderot, d'une farce entre amis, s'est pris au combat de la Religieuse au point d'en être investi. Son mémoire est un plaidoyer contre l'hypocrisie des uns et l'inhumanité des autres, contre l'illusion des uns et la folie des autres. Il nous ouvre la porte d'une demeure réservée aux 'appelées' mais qui souvent n'était peuplée que d'enfants non désirées ou illégitimes, de jeunes filles déshéritées ou perdues. Et même celles qui étaient portées par la voie, voyaient leur foi se ternir au fil des ans passés entre ces quatre murs clos, entre méchanceté et rigueur, entre solitude et perversion.

Il dénonce, par la voix de sa Religieuse, le non-sens d'une non-vie et sa plume court, sans perdre haleine, sans le vouloir même, et crie à l'injustice et à l'imposture. On sent une souffrance réelle de l'auteur devant tant de cruautés imposées, physiques et psychologiques, et ce, tout en restant profondément croyant car Dieu reste omniprésent dans le discours. Un Dieu de pardon et d'amour qui clairement n'a jamais demandé le sacrifice d'une vie au monde, à la société.

Une plume riche et sensible, qui touche, percute et interroge ; un vocabulaire riche et parfois suranné mais toujours juste ; des personnages enfin, plus vrais que nature, profonds d'innocence ou de folie, emplis de dureté ou de tendresse, complètement naïfs ou juste pervertis. Et ça se lit d'une traite tant le récit bouleverse...

 

« On veut que je sois religieuse ; peut-être est-ce aussi la volonté de Dieu. Eh bien ! Je le serai ; puisqu'il faut que je sois malheureuse, qu'importe où je le suis ! »

 

« Il me semble pourtant que, dans un État bien gouverné, ce devrait être le contraire : entrer difficilement en religion, et en sortir facilement. »

 

Et enfin, il ne faut pas oublier les préfaces, les car il y en a deux ! Celle en début de livre, là où est bien sa place, se lit pour mieux comprendre l'auteur et son temps, elle donne quelques clés au lecteur pour qu'il traverse sa lecture sans embuches. Et la deuxième, que l'on trouve bizarrement en fin d'ouvrage, est celle écrite par Diderot lui-même. Cette dernière termine le roman et donc, la brève vie de sa Religieuse.

Je ne pourrais dire si c'est un chef d’œuvre mais c'est un livre puissant où l'on sent toute l'implication de l'auteur et son profond humanisme.

Repost 0
Published by Carine - dans Roman classique
commenter cet article
2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 21:56


Magnifique, un bain de jouvence, un retour à l'adolescence, un plaisir bien trop bref tant cette lecture est entraînante.
Des personnages magnifiques dans leur caricature, des descriptions méticuleuses des lieux exotiques traversés, une époustouflante connaissance des bateaux et des machines à vapeur, des brèves d'Histoire concrètes au détour des différents chapitres, une rigueur mathématique constante dans les chiffres donnés, voilà, c'est du Verne, soit on aime, soit on n'aime pas et moi, je continue à adorer :-)
Et je ne parle même pas du bonheur d'avoir entre mes mains cette édition ancienne qui sent bon le vieux papier et qui reprend tout au long du récit les gravures originales de la première édition.
Et le film se met de suite en mouvement dès la première page car l'écriture malgré sa rigueur est rythmée par le temps qui passe et par les nombreuses péripéties qui ne font que s'enchaîner.
Et la poésie dans tout cela, car il y a bien une qui ressort de la précision technique de l'auteur et l'on se laisse alors porter par cette science qui dans le cas de ce récit n'est pas une fiction mais bien un objectif réalisable.


...'Il avait accompli en quatre-vingts jours ce voyage autour du monde ! Il avait employé pour ce faire tous les moyens de transport, paquebots, railways, voitures, yachts, bâtiments de commerce, traîneaux, éléphants.'… pour rien… pour tout… pour trouver l'amour :-)


Un auteur que j'ai dévoré, il y a longtemps… Un auteur dont j'ai relu « Voyage au centre de la terre » avec un de mes enfants pour un travail scolaire… Un auteur laissé un peu de côté avec le temps qui passe et les livres à lire qui s'accumulent… Un auteur avec qui j'espère passer encore un petit moment à l'occasion du challenge multi-défis 2017 de Babelio

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article