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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 15:53

Un peu déçue quand même, mais si peu...

Je m'explique, les 100 premières pages sont longues, lourdes, répétitives et un tantinet agaçantes.

Notre héroïne est légèrement trop too much pour être crédible dans son rôle de « pov fille larguée par son salaud de mec après 10 ans d'une vie routinière et sans étincelles ». Parce que là, des étincelles, elle va en faire, dans sa tête, dans son cœur, en vrai aussi et c'est peu probable qu'une « pov fille larguée par son salaud de mec... », enfin vous m'avez comprise, réagisse réellement comme cela. Pour cette fois, l'auteur ne s'est peut-être pas inspiré des bonnes personnes pour se mettre dans la peau de cette « pov fille larguée... »… Et si les scènes répétitives peuvent parfois déclencher le fou rire, ça n'a pas été le cas cette fois pour moi :-p

Néanmoins, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain et pour être honnête, plusieurs passages concernant cette « pov fille... » m'ont bien fait rire et beaucoup d'autres, sourire. Ainsi j'aime beaucoup sa façon très particulière de jurer que je vais essayer d'appliquer juste pour le fun ;-)

Et, là maintenant, je peux vous le dire, les 340 dernières pages sont époustouflantes, enfin, n'exagérons rien, elles sont du pur Legardinier truffées d'amour et d'humour, de tendresse et de vie. Les personnages se dévoilent en petites touches et créent alors une ambiance tellement aimante qu'on a juste envie de s'y plonger et surtout, d'y rester.

« Elle est pleine d'espoir, lui plein de désir. Ils l'ignorent encore, mais un monde les sépare déjà. »

« Je pleure tellement que je fais même plus pipi ! »

« Je deviens rouge vif à nouveau. En fait, depuis ce matin, j'alterne le rose pâle et le rouge vif, un vrai gyrophare. Si je me fais virer, je pourrai toujours faire la boule disco. »

« Tu sais Marie, la vie est loin d'être parfaite avec lui, mais je suis certaine qu'elle serait vraiment moins bien s'il n'était pas là. »

« En fait, la plupart des gens l'ignorent, mais Pasteur était un agent secret américain qui, après avoir appris à capter la radio des chiens errants, leur a inoculé un virus dérobé dans un coffre alien de la zone 51. Sous l'influence de la musique reggae, le virus a muté pour devenir la rage ! Oui, mesdames et messieurs, c'est la terrible vérité et on nous la cache ! »

« Quand je suis allée chercher les olives, ils débattaient pour savoir ce qui sent le plus fort, entre l'haleine après avoir mis un suppositoire à l'eucalyptus ou l'urine après avoir mangé des asperges... »

« La vie est comme une danse, elle dure peu de temps. Je crois qu'il faut être deux pour en saisir le tempo et en apprécier la mélodie. On ne goûte vraiment que ce que l'on partage. Le reste est sans valeur. »

Merci à l'auteur pour ce moment de plaisir qui, à part les 100 premières pages, n'a qu'un défaut, celui de finir trop vite.

Une dernière petite chose, il faut lire les remerciements, c'est une touche personnelle qui donne encore plus de sens aux belles histoires que Monsieur Legardinier nous concocte avec tant de malice.

Vivement le suivant, je l'attends le cœur vibrant déjà en imaginant les nouvelles vies qu'il va nous conter, nos vies qu'il va embellir le temps d'un livre :-)

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 08:22

Wouah !

Un livre qui se lit d'une traite, juste entrecoupée de petites discussions avec mon mari qui l'avait lu juste avant moi ;-)

Un roman super bien documenté qui nous transporte sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, en passant par les camions Curie qui offraient aux médecins de guerre une radio instantanée des blessés ; qui nous livre un peu de la théorie de Freud et son profond changement de cap après guerre suite à l'observation de cette maladie dite obusite que les médecins appellent aujourd'hui Stress Post Traumatique ; qui trouve aussi une solution, assez convaincante ma foi, à l'énigme de l'attentat de Wall Street du 16 septembre 1920.

Un récit bien rythmé, riche en rebondissements, truffé de détails précis qui rendent notre visuel de lecteur tellement plus vivant. Des personnages complexes et attachants qui se croisent au fil de leurs histoires et qui croisent l'Histoire à travers ses propres figures bien connues.

Une analyse pertinente finalement du terrorisme ou plutôt des terroristes qui ne sont que des marionnettes aux mains de quelques personnages obscures qui tirent les ficelles au détriment du peuple pour plus de richesses, plus de pouvoir…

« Il existe trois manières de vivre en sachant qu'on va mourir un jour – sans céder à la panique. La première consiste à l'oublier : ne pas y penser, faire comme si ça n'existait pas. Voilà ce que font la plupart d'entre nous. La deuxième est son exact opposé : memento mori. Souviens-toi que tu vas mourir. Garde sans cesse la mort à l'esprit, car la vie prend vriament son sens dès lors qu'on sait qu'aujourd'hui est notre dernier jour. La troisième voie est celle de l'acceptation. Celui qui accepte la mort – qui l'accepte pour de bon – ne craint rien, aussi fait-il preuve d'une parfaite équanimité face aux pertes de toute nature. Ces trois stratégies ont une chose en commun : ce sont des mensonges. La panique, au moins, serait une attitude honnête. »

« Néanmoins, ils se ressemblaient tous. Tous avaient été commis par des hommes jeunes et pauvres, en général d'origine étrangère, membres d'obscurs réseaux internationaux, et partageant une idéologie morbide qui leur faisait presque désirer leur destin funeste. Ces attentats semblaient avoir pour cible toutes les nations occidentales, la civilisation dans son ensemble. Ceux qui les commettaient étaient affublés de bien des dénominations : anarchistes, socialistes, nationalistes, fanatiques, extrémistes, communistes. Mais dans les journaux et dans le discours public, un nom les désignait tous : terroristes. »

« A qui vous en prendriez-vous si vous haïssiez un pays tout entier ? Autrefois, c'eût été au roi. Attaquez le roi d'Angleterre, et c'est toute l'Angleterre que vous attaquez. Mais un président ? Un président n'est qu'un homme politique qui ne sera plus là dans quelques années. Dans une démocratie, l'assassinat a lieu hors du palais. C'est le peuple qu'il faut tuer. »

« Je ne fais jamais confiance aux hommes. C'est pour ça qu'ils ne me font pas peur. »

« En ce 11 novembre 1918, onze mille hommes furent tués ou blessés au cours de combats qui se déroulèrent alors que tous les officiers savaient la guerre finie. »

« Le bien et le mal n'existent pas dans le domaine de la finance. Il n'y a que des paris, bons ou mauvais. »

« L'or ne tire pas sa valeur du fait que quelqu'un peut vous l'échanger contre des dollars, capitaine. Le dollar en revanche tire sa valeur du fait que l’État peut vous l'échanger contre de l'or. La véritable valeur du métal jaune est psychologique. Il est précieux parce que les hommes le croient précieux. »

Et si en 1920, l'or était le nerf de la guerre maintenant, le pétrole et l'uranium notamment sont des matières premières que convoitent à n'importe quel prix ces quelques puissants qui « gouvernent » le monde :-(

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 09:32

Un roman sans prétention qui se lit vite et bien.

Une histoire plutôt classique d'amour et de vengeance sur un fond de générosité et de grande tendresse. Un livre qui parle de la confiance dans un couple et surtout de l'importance de la discussion et de l'honnêteté dans une relation durable.

Une plume assez riche qui manque néanmoins d'un brin d'humour pour atteindre le niveau des bons livres rouges et qui est juste un peu trop fleur bleue pour faire partie des romans « tout court » ;-)

« La vue était féerique. Le clocher s'élevait dans le ciel gris comme un faucon prêt à s'envoler et les cottages aux toits de chaume se blottissaient les uns conte les autres comme pour se réchauffer. »

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 16:08

Jubilatoire !

Et j'ai pleuré comme une madeleine à la fin alors qu'elle était connue dés la première page…

Et j'ai souri, souvent, longtemps et j'ai ri, car la vie est pleine d'anecdotes rigolotes…

Et j'ai réfléchi aussi, à mes 100 jours, si j'avais un jour 100 jours, et c'est pas simple…

Et j'ai adoré les références à Léonardo da Vinci, un de mes héros mais l'auteur ne le savait pas…

Et j'ai lu attentivement le déroulement angoissant/hilarant des matchs de water-polo même si le sport et moi, ça fait deux…

Et j'ai adoré l'idée d'un magasin des bavardages au point d'imaginer en faire un, chez moi, car c'est important d'avoir une oreille attentive aux autres, une vraie, pas juste celle bien plate d'un smartphone…

Et j'ai fondu en lisant la liste des cadeaux d'anniversaire à venir pour les enfants, jusqu'à leur 18 ans, faut bien mettre une limite quand même…

Et j'ai craqué lors de la cérémonie du re-mariage ou la re-cérémonie du mariage, c'était juste trop émouvant…

Et j'ai savouré tous les beignets bien dégoulinants de sucre et de graisse, toutes les pâtes al dente qu'elles soient al pesto ou carbonara, toutes les fritures de poissons petits ou grands, j'en ai encore l'eau à la bouche…

Et j'ai rêvé de déconnades, des vraies, qu'on fait sur le pouce entre pots bien entraînés et qui se terminent par un fou rire général…

Et j'ai imaginé un road trip, peut-être pas en Italie, mais la Belgique est pas mal non plus, le cuisant soleil en moins…

Et finalement, ça m'a fait un bien fou...

Et voilà, le roman est terminé et je sais que je le relirai, les jours où le cœur n'y est plus, les jours où je me pose trop de questions, les jours où la pluie est au rendez-vous.

« L'amour n'est qu'une question de timing et à l'époque nous n'étions pas synchro : elle voulait déjà fonder une famille tandis que de mon côté je rêvais de m'accoupler avec toutes les femmes fertiles de la planète, épilées ou pas. Deux exigences difficiles à concilier. »

« Je pense que Dieu, le septième jour, n'avait pas décidé de se reposer, il a inventé les grands-parents. Alors, s'apercevant que c'était la plus géniale de ses créations, il a pris sa journée pour pouvoir la passer avec eux. »

« On abat les chevaux très malades et voués à une mort certaine pour éviter qu'ils ne souffrent trop, c'est une chose qu'on sait depuis tout petit. On n'abat pas les hommes. On les soigne avec acharnement pour entretenir la petite flamme de la vie, et pour qu'ils souffrent ainsi jusqu'au bout. »

« J'ai compris à présent qu'avoir une tumeur, c'est un peu comme être en deuil. Les gens viennent présenter leurs condoléances sauf que, le décès n'étant pas encore survenu, au lieu de les présenter à la veuve ou aux proches, ils s'adressent directement au futur défunt. La prochaine fois que j'ai un cancer, je dirai à tout le monde que j'ai chopé une angine. »

« Comme vous le savez, Roberto n'est certes pas la réincarnation de Proust, mais sa médiocrité est transcendée par la non-reproductibilité de son œuvre. Il est le seul écrivain devant l’Éternel à pouvoir se vanter d'être comme les peintres ou les sculpteurs, créateur de pièces uniques. »

« Tous les hommes ont une caractéristique commune : à vingt ans ils regardent et draguent les filles de vingt ans, à quarante ans aussi. »

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 15:16

Quelle déception…

Bien sûr, j'ai commencé par le tome 5 et donc, je ne connais pas le tout début de l'engouement de notre jeune, très jeune héroïne pour le crime. Je ne sais donc rien de son cursus mais imaginer qu'à 20 ans, c'est déjà une spécialiste qui couvre les scènes de crime les plus crues, a ses entrées au commissariat et est « à tu et à toi » avec les policiers de Londres et ce au tout début du XXème siècle, j'ai du mal a être convaincue.

Si on ajoute à cela sa vie amoureuse ou plutôt son amour désespéré pour le commissaire déjà marié et son désir exaspérant pour le cousin de ce dernier, on tombe facilement dans la plus profonde niaiserie.

Et je ne parle même pas de l'écriture : la plume est juste simple, sans fioriture, sans humour, sans humeur et pour le fond, le thriller est légèrement insipide.

Pas une seule citation pour ce volume donc, mais je ne me laisse pas abattre, il me reste les trois suivants à lire…

Une façon comme une autre de pouvoir revoir mon opinion sur cette auteure qui d'habitude me laisse une bonne impression :-)

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 10:15

Un livre rouge comme je les aime…

De l'aventure, des bons sentiments, beaucoup d'humour, pleins de rebondissements et des personnages complexes et attachants.

Une plume légère et colorée pour une histoire qui se lit d'une traite et qui laisse un doux sourire aux lèvres.

« Hélas, les mâles de la famille avaient toujours été passionnés et impulsifs. Ils cédaient à toutes les tentations, se vautraient dans le péché et méprisaient la vertu. Résultat, ils mouraient plus vite qu'ils ne pouvaient se reproduire. »

« Quand on n'avait pas d'honneur, on n'hésitait pas à faire des serments. »

« Hé, attention ! Je suis censé engendrer un héritier, ce qui signifie que certaines parties de mon anatomie sont encore plus précieuses que les vrais bijoux de famille. »

« Ce n'était pas très agréable de découvrir qu'on avait un sens moral aussi rigide que du carton mouillé. »

« Monsieur, il y a trois choses que les gens s'attendent à trouver chez un aristocrate, rétorqua le valet en attrapant le porcelet par son collier. Une propriété de campagne, un menton fuyant et un comportement extravagant. »

Une lecture plaisir d'un bout à l'autre donc et maintenant, j'attends juste la suite disponible seulement à partir du 5 octobre :-p

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 17:51

Que dire, que dire, c'est le meilleur des trois mais il m'a profondément ennuyée !

L'auteure a clairement étoffé son histoire d'un peu plus de décors d'époque en y mêlant en plus une petite affaire criminelle pour ajouter du peps à son récit et pourtant, ça ne prend pas.

L'héroïne, comme les précédentes, est persécutée (par son frère ici) et complètement moulée dans une éducation stricte et rigide qui la rend bête.

Et comme la plume est dépourvue d'humour, ne reste que les scènes érotiques qui parfois sont tellement longues qu'on se demande si ça finira un jour...

« Il lui fallait souvent s'arrêter pour marquer son respect aux nobles qu'elle croisait. De toute manière, elle ne se rendait nulle part en particulier et n'avait d'autre but que de représenter sa famille parmi l'aristocratie anglaise. Telle était sa mission : frayer avec les personnes de son rang en montrant, par ses manières posées, sa bonne éducation ainsi que la qualité de son lignage. »

« Keir avait lui-même du mal à cacher son étonnement – à moins que ce ne soit de la répulsion. Jamais jusqu'alors il n'aurait imaginé trouver des hommes plus attrayants que des femmes, mais les courtisanes anglaises affichaient une allure tellement singulière qu'il ne pouvait s'empêcher de regarder plutôt leurs maris, ne serait-ce que pour se reposer les yeux. »

« Helena sourit. Elle aimait les sensations qu'elle éprouvait à cet instant, cette sorte de petite joie bête qui lui donnait envie de rire tout bas. »

« Helena était désolée de décevoir son promis, mais elle ne pouvait lui ouvrir son cœur. C'était la seule peur qu'elle avait : la peur de perdre ce qui n'appartenait qu'à elle. »

Bref, pas certaine de continuer à lire cette auteure alors qu'il y en a tant d'autres qui me font passer de si bons moments :-)

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 17:46

Comme l'appétit vient en mangeant, il semblerait qu'une plume peut s'améliorer en écrivant ;-)

Il y a du mieux même si on n’atteint clairement pas le niveau d'une Julie Garwood ou de Monica Mac Carty et je ne parle même pas de Bertrice Small ou de Diana Gabaldon !

L'auteure est peut-être spécialisée dans les romances écossaises et les livres érotiques mais il lui reste du chemin a faire pour rejoindre le panthéon des anciennes.

Plus sérieusement, l'histoire n'est pas mal et l'écriture plus fluide et plus poétique que dans le premier tome. Il n'empêche qu'il manque une bonne dose d'humour, une toile de fond plus travaillée, une héroïne moins nunuche et dont la vie ne ressemble pas autant à la précédente :-p

« L'homme paraissait ne faire qu'un avec l'animal, semblable à quelque créature de légende à la force herculéenne. »

« Elle se sentait pareille à une feuille tombée dans un ruisseau et ballottée par les flots. Le courant l'emportait et elle n'avait aucun moyen d'éviter les rochers sur lesquels elle risquait de s'écraser. »

« Nous ne vivons toi et moi que pour relever les défis qui s'offrent à nous. Nous jouerons donc pour le droit à une réponse honnête à chaque coup gagnant. »

Je constate aussi que le traducteur est le même que pour le premier opus, j'en déduis que l'auteure s'est réellement améliorée ou alors, que le traducteur a fait preuve ici d'une belle inspiration littéraire comme c'était le cas pour les romans de Barbara Cartland qui étaient plus travaillés en français qu'en version anglaise...

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 17:11

Une histoire qui ne manque pas d'originalité mais une plume qui manque cruellement d'étoffe !

Une auteure bien documentée sur les us et coutumes du XVIème siècle en Ecosse et en Angleterre mais qui a du mal à assembler tout cela en une musique vraiment plaisante.

Certaines scènes osées décrites platement comme pour un cours d'anatomie et d'éducation sexuelle, c'est un peu froid pour parler du chaud et, du coup, ça manque désespérement d'érotisme :-p

Et il faut parler aussi de cette boîte de Pandore qui surgit régulièrement tout au long du récit ainsi que de l'utilisation du mot 'gourde' à la place de 'bourde' qui me fait penser que la traduction est loin d'être parfaite.

« Aimer, c'était comme goûter à la vie pour la première fois. »

« Tu es la fille du comte de Warwick, et c'est sa femme qui t'a présentée à moi. Tu étais vierge, et tu m'as donné un fils. C'est la meilleure définition d'une épouse que je puisse trouver. »

Néanmoins, comme j'avais déjà le tome 3 en bibliothèque et que j'ai trouvé les tomes 1 et 2 il n'y a pas longtemps, je vais m'atteler au suivant en espérant qu'il est meilleur que le premier ;-)

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 15:14

Quelle plume merveilleuse que celle de Zola dans cet univers doux et secret d'un jardin clos où la nature s'éveille doucement, explose en mille couleurs, se fane lentement jusqu'à mourir en blanc en suivant son cycle éternel…

Et Paris, qui vit du haut des fenêtres de l'immeuble de la rue Vineuse, Paris qui change au fil des saisons, au fil des jours, au fil du jour. Comme le jardin qui s'éveille et compte les heures qui passent, Paris passe par toutes les couleurs, du gris sale au bleu acier, du jaune cru au rouge flamboyant, du vert tendre au brun tristounet, de l'argent mouillé au vermeil éblouissant en passant chaque fois par le noir intense illuminé seulement des mille étoiles du firmament.

Comment ne pas se laisser entraîner par un cœur qui s'éveille comme un jardin au printemps, par un corps qui connaît pour la première fois les affres du désir, par ces regards qui s'enchaînent et qui déversent dans l'autre la douceur, la chaleur d'une passion naissante.

Comment ne pas rager de voir l'amour exclusif d'une enfant chétive pour sa mère, amour jaloux d'une femme amoureuse dans les yeux d'une enfant, amour fou qui ne veut rien partager et qui atteint le sublime dans l'horreur quand la mère finalement répond à l'appel de la chair.

Comment ne pas sourire à l'évocation du bal des enfants où la table de banquet parée de mille friandises, les plus alléchantes, les plus colorées, trouve un écho dans l'histoire de Peter Pan où l'on retrouve une même table garnie de nourritures imaginaires…

Comment ne pas pleurer à l'enterrement de Jeanne où le jardin tout de blanc vêtu accueille le petit cercueil tout couvert de fleurs blanches entouré d'une nuée de petites filles déguisées en mariée pour accompagner l'enfant si blanche maintenant pour son dernier voyage.

Quelle richesse dans le vocabulaire mais aussi dans la façon de décrire Paris, cinq fois pas une de moins, comme les cinq étapes de la passion ; l'éveil d'une sensation inconnue, la maturation par petites touches, l'accomplissement foudroyant, la chute glaciale et le retour à la vie normale.

Un roman d'une grande violence de sentiment où la poésie de l'auteur remplace les mots furieux par de superbes envolées qui font rêver.

« Et ils restèrent ainsi face à face, avec la petite Jeanne endormie entre eux. L'enfant avait un trop léger souffle. Alors, Hélène, d'une main lente, remonta son châle et s'enveloppa, tandis que le docteur boutonnait le col de son veston. »

« Vous êtes si belle qu'il faut bien vous aimer ! »

« Il n'y avait pas une fleur, la gaieté seule du soleil sur la terre nue annonçait le printemps. »

« C'était une entente absolue, intime, venue du fond de leur être, et qui se resserrait jusque dans leurs silences. »

« Dire qu'elle s'était crue heureuse d'aller ainsi trente années devant elle, le cœur muet, n'ayant pour combler le vide de son être, que son orgueil de femme honnête ! »

« Oh ! Disparaître dans une étreinte, vivre en une minute tout ce qu'elle n'avait pas vécu ! »

« La voie lactée blanchissait déjà, développait ses atomes de soleil, si innombrables et si lointains qu'ils ne sont plus, à la rondeur du firmament, qu'une écharpe de lumière. »

« Elle souffrait de la façon indifférente dont Juliette la recevait. Il y avait, chez celle-ci, de continuels caprices d'amitié ; elle adorait les gens pendant trois mois, se jetait à leur cou, ne semblait vivre que pour eux ; puis, un matin, sans dire pourquoi, elle ne paraissait plus les connaître. Sans doute, elle obéissait, en cela comme en toutes choses, à une modes, au besoin d'aimer les personnes qu'on aimait autour d'elle. Ces brusques sautes de tendresse blessaient beaucoup Hélène, dont l'esprit large et calme rêvait toujours d'éternité. »

Dans le cadre du challenge multi-défis 2016, je place cette lecture pour l'item « Un classique du 19ème siècle ».

En 1892, Zola parle de son roman en ces termes : « Une page d'amour, écrite entre « L'assommoir » et « Nana », a dû être dans ma pensée une opposition, une halte de tendresse et de douceur. J'avais, depuis longtemps, le désir d'étudier, dans une nature de femme honnête, un coup de passion, un amour qui naît et qui passe, imprévu, sans laisser de trace. Ce titre veut dire cela : une page dans une œuvre, une journée dans une vie. »

Un très bon roman qui démontre s'il le fallait encore l'immense talent de l'auteur que j'adore :-)

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Published by Carine - dans Roman classique
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