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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 13:18

 

Une critique difficile à faire…

J'ai lu le roman il y a 40 ans, émerveillée, les yeux pleins d'étoiles, c'était merveilleux…

Je viens de le relire, l'attente des merveilles bien présente et aussi les yeux bien ouverts…

Où est-il le monde utopique, où est-elle la société si unie et heureuse, sûrement pas dans le passé et clairement pas dans le présent !

Eh oui, vous avez bien lu, la vie dorée d'Eléa et Païkan n'est qu'un leurre ; le travail juste un jeu, la nourriture du rien à base de rien, la vie de famille inexistante, les pauvres bien grisés, les étudiants bons à massacrer, reste l'amour déterminé par ordinateur qui n'est qu'une succession de coïts sublimés. Waouh, quelle vie magnifique, quel passé à recréer…

Et je ne parle même pas des incohérences scientifiques de cette utopie éblouissante.

Reste le présent, qui est toujours notre présent, qui nous jette à la figure cette main-mise des « marchands » sur les politiques, cette pression des « politiques » sur les militaires, cet emprise des religieux sur le peuple aveuglé, ce peuple lobotomisé qui marche comme un seul homme et finalement, cette société qui roule sur sa tête !

Une plume magistrale, un roman d'amour déplorable qui se résume en quelques phrases (je suis à toi, tu es à moi, je suis toi, tu es moi, nous sommes un, c'est presque de la religion!), pas vraiment de la science-fiction plutôt de la fantaisie pseudo réaliste, un peu déçue par cette relecture dont j'attendais beaucoup.

 

« Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà exténués d'aujourd'hui. »

 

« C'est prodigieux ce que le pouls peut apprendre sur l'intérieur d'un homme. Non seulement sur l'état momentané de sa santé, mais sur ses tendances habituelles, son tempérament, et même sur son caractère, selon qu'il est superficiel ou enfoncé, agressif ou introuvable, unique ou doublé, étalé ou pointu, soyeux ou râpeux, selon qu'il passe tout droit ou qu'il fait le dos rond. Il y a le pouls du bien-portant et celui du malade, il y a aussi le pouls du sanglier et celui du lapin. »

 

« Ils avaient honte. Honte de leur pudeur et honte de leur honte. La merveilleuse, la totale innocence d'Eléa leur montrait à quel point la civilisation chrétienne avait – depuis saint Paul et non depuis le Christ – perverti en les condamnant les joies les plus belles que Dieu ait données à l'homme. »

 

« Elle est belle, c'est certain, mais devant le cerveau de ce type, elle ne fait pas le poids. »

 

« La nuit des temps », c'est un peu l'histoire de l'Homme et là encore, Barjavel donne le ton juste :

 

« Et voilà ! Ils sont nous ! Ils ont repeuplé le monde, et ils sont aussi cons qu'avant, et prêts à faire de nouveau sauter la baraque. C'est pas beau, ça ? C'est l'homme. »

 

Pas la plus belle histoire d'amour de la SF, un roman magnifiquement écrit sur la connerie humaine...

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