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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 10:16

 

Quelle gouaille mes amis, de l'bwesse à biestries au pourri djône, le monde truculent d'un village perdu du fin fond de la province de Namur ne peut que nous mettre en joie.

Et l'on retrouve alors les jeux oubliés de nos propres parents, sans internet, sans GSM, sans télévision même, et c'est alors la chasse aux hannetons, la capture des lucioles et le plaisir des balades en vélo. Si on ajoute à cela la fabrication d'arc et de flèches, d'une baliste et de boulets, juste pour reproduire en vrai certaines batailles entre Buffalo Bill et les tribus indiennes, on ne peut que s'émerveiller de l'imagination créative de ces môdi djônes.

Nom di djo !, c'était un temps où le maître d'école était encore respecté ; un temps où Mr le curé avait l'oreille attentive des enfants et servait de conciliateur entre eux et leurs parents ; un temps où l'on trouvait de tout à l'épicerie du coin, des conserves au papier à lettres, des torchons aux bons conseils de vie ; un temps où l'on courtisait doucement avec les joues en feu ; un temps où les bébés naissaient encore dans les choux ;-)

 

« L'ange gardien, c'est un couyon. Et la sœur qui nous a dit que c'est un garçon, elle s'est sûrement trompée. Les garçons, ça ne pleure pas si facilement. Donc, c'est probablement une fille. »

 

« L'homme n'était pas beau. Il était affligé d'une tête plate avec de gros yeux saillants, une large bouche et n'avait vraiment pas de menton. Avec ça des pattes grêles et des pieds trop larges, il évoquait le batracien, si bien que dans sa propre famille, on ne l'appelait jamais que le « mononque Guernouille » et le sobriquet, s'évadant du cercle confidentiel, avait fait fortune. »

 

« Mais il faut gâter les enfants de façon rationnelle, jalonner leur vie de faveurs et de cadeaux auxquels ils donnent les dimensions des grands événements. Quand votre gamin sera un homme, il se souviendra du vélo comme du symbole merveilleux de la tendresse de ses parents. »

 

« Ici-bas, tout est décidément affaire d'amour. Oui, ce qui fait les miracles, c'est cela : un cœur pur d'enfant où Dieu reconnaît un reflet de son amour. »

 

« Le cœur du peuple, souvent, a de ces trouvailles délicates. Il ne donne pas. Il se donne. Qui le regarde de haut et parfois le méprise en bloc ferait bien de profiter de la leçon. »

 

« On l'a vu, le gamin pensait de préférence en wallon. Il estimait qu'en certains cas, le wallon donne à la pensée une vigueur dont le français n'est guère capable, bridé qu'il est par la règle d'élégance et parfois de décence. »

 

C'était un temps où l'on prenait le temps de vivre ; un temps où la famille était vraiment importante même si certains n'échappait pas à l'ironie des autres ; un temps où le village entier faisait partie de la famille, de la grenouille de bénitier au premier de classe boutonneux en passant par li pourri djône ; un temps oublié de nos jours mais qu'il est bon de découvrir ou redécouvrir le temps d'une lecture.

Un coup de cœur, une tranche de rire et une belle plongée dans notre beau wallon si coloré. Et pour ceux que cela effraie, rassurez-vous, les passages concernés sont bien traduits ;-)

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Published by Carine - dans Roman
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