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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 15:24

 

Encore une perle endormie dans ma bibliothèque…

Un roman d'une beauté subtile où l'art de l'auteure s'est confondu avec l'âme de l'héroïne, auteure elle-même du premier vrai roman japonais connu (XIème siècle).

Une première partie un peu lente où le contexte historique est développé en même temps que les us et coutumes de la noblesse et notamment celui des femmes qui vivent recluses derrières leurs rideaux de soie.

Et puis, le rythme s'accélèrent, au fil des saisons, au fil des regards qui tentent de percer la nature humaine et surtout, le sens de l'amour. Et les mots s'enchaînent, la plume vole, les caractères d'encre et d'eau se fixent, se diluent, s'écoulent, comme les sentiments au fil d'une vie. Et l'on vit alors le lent cheminement du temps de cette jeune femme cultivée qui vit sa vie au travers de ses observations voilées qu'elle va chaque jour retranscrire non pas comme un journal intime mais comme un roman rouge « Aventures et passions ».

Et on est ici dans le vrai travail de l'auteure qui nourrit sa saga de ses perceptions, de ses observations, de ses sentiments, des secrets entendus ou entrevus, des lettres et poésies reçues, des chroniques anciennes et des règles modernes. Et l'on voit les personnages prendre vie quand chaque chapitre est lu à la cour et recopié et relu dans les secrets des alcôves. Et l'on découvre aussi leur énergie à vivre, leur voracité au détriment même de la santé de leur génitrice qui au fil des caractères peint sur le papier s'affaiblit et s'étiole doucement. Et quand le récit s'achève enfin, l'auteure peut vivre sa vie qui alors n'est plus que souvenirs...

 

« Tout le monde raffolait de tout ce qui était « moderne » : vêtements, musique, ameublement, manière de vivre. Toutes les choses semblaient perdre de leur valeur si elles n'étaient pas modernes, si elles ne provenaient pas de Chine. »

 

« Comme il était difficile d'assurer la continuité de sa descendance et d'accepter la vie et la morts comme le beau et le mauvais temps ! »

 

« Mon encre est glacée, glacé aussi est mon pinceau,

Comment exprimer ce qui déchire mon cœur, quand même je le voudrais ? »

 

« J'aime tout ce qui se rattache au passé, la vie écoulée que l'on ranime en la racontant... »

 

« Mais elle s'est tue. Quel terrible mais inévitable entrelacs de paroles non exprimées, d'émotions non manifestées, de pensées échafaudées en secret se tisse quand on vit sous le même toit, séparé seulement pas de minces parois et isolé par son propre silence. »

 

« Vous voyez Madame, chaque personnage est un être vivant, qui révèle de lui, à son auteur, ce qu'il veut et quand il le veut. Le prince ne m'a encore révélé ni son nom ni sa naissance. Quand je l'ai connu il était déjà adulte. Peut-être un jour me racontera-t-il son enfance ? »

 

« Il était parti quand les neiges commençaient à fondre : un instinct spontané, comme celui des oiseaux migrateurs qui s'envolent en groupe, l'avait incité à entreprendre ce voyage. Pour lui, l'amour était indicible. Il ne pouvait pas trouver les mots opportuns, c'étaient les vents humides qui chassaient le froid polaire, une tiédeur imaginaire vers laquelle son désir le poussait, le long des routes qui menaient vers le sud. »

 

Juste magnifique, un gros coup de cœur :-)

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Published by Carine - dans Roman historique
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