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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 14:37

Que dire, que dire de ce livre d'histoire, de ce condensé de faits historiques qui se suivent et où l'on trouve, super bien documentés, le mariage de Louis XIV, l'ascension du Roi Soleil, la chute de Fouquet, la montée en puissance de Colbert après la mort de Mazarin, le règne sans partage de Lully à l'Académie de musique, le chemin de croix des huguenots dans cette nouvelle France très catholique et la peste, cette faucheuse qui plusieurs fois ravagea le sud du pays.

Un roman dense donc où la plume de l'auteur à travers les lettres de Mme de Sévigné, les rapports de Colbert, les documents d'archives de Paris, du Béarn et de la Provence nous entraîne tambour battant dans cette période tumultueuse, faste et licencieuse de début de règne d'un roi très jeune mais qui montre déjà une poigne de fer.

Un vocabulaire très riche mais une écriture dure, difficile, parfois hachée, parfois fluide et qui manque singulièrement de poésie. Un rythme soutenu par les soubresauts de l'histoire et un texte qui ne devient superbe que vers la fin, à la mort de l'héroïne. On a comme l'impression que la plume se libère enfin d'un caractère trop froid, trop orgueilleux, trop rigoureux pour devenir humaine et chaleureuse.

Un récit pour les passionnés d'histoire ; un mélange de la série « Versailles », du film « Le Roi danse » et des deux premiers tomes d' «Angélique », le tout en 378 pages :-p

« L'autan soufflait en s'élançant des coteaux pyrénéens et poussait devant lui des troupeaux de nuages gris. Le ciel tout entier transhumait. Le vent tiède accentuait encore la sécheresse d'un été sans pluie. L'air devenait une couverture de laine rêche et habillait les hommes d'un voile de sueur. »

« Savez-vous que ces chiens de médecins m'ont prescrit quatre-vingts lavements en une semaine ? Je soupçonne Satan d'avoir soudoyé mes savants docteurs, car faire subir un pareil supplice à un homme d’Église ne peut être qu'une invention du diable. »

« La peste embarque dans un des ports de l'ancienne Phénicie, se cache, clandestine, dans un ballot de soieries, une caisse d'indienne, choisit pour logis un tapis roulé de Perse ou bien encore une verrerie d'Alep aux reflets d'arc-en-ciel. La peste s'offre une escale à Chypre, prend le frais à Rhodes, prélève une dîme à Tarente, taxe Naples de dix mille cadavres, enfièvre Toulon, gagne Marseille, incendie Beaucaire et redescend vers Nîmes ou Montpellier. J'espère que le tribut ne sera pas trop lourd cette fois. »

« Le port vivait du négoce et de la guerre maritime, et si Marseille accueillait volontiers les étrangers, c'était toujours dans le même dessein, l'échange. Arrivée. La ville proposait son vin, sa nourriture, ses filles. Le métèque offrait son or. Départ. L'échange était fait. L'étranger repartait avec ses souvenirs, tandis que Marseille gardait ses écus. »

Dans le cadre du challenge multi-défis 2016, je place cette lecture pour l'item « Un livre 'âme sensible s'abstenir' »… En effet, l'amour ici est source d'horreur, Dieu lui-même engendre la haine et enfin, la peste balaie tout sauf cette haine qui perdure même après la mort.

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Published by Carine - dans Roman rouge
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