Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 17:56

 

Un roman magnifique, une période désolante, une lecture qui prend aux tripes.

La guerre est toujours sale, celle de 14/18 a été répugnante.

Un ruban de désolation, d'abomination, de détermination, de trahison, de perdition et d'abandon va stagner pendant quatre longues années le long de nos frontières. Les soldats qui sont partis la fleur au fusil en pensant qu'ils seraient de retour quand elle aurait fané, ce sont retrouvés englués dans une boue sale de terre flétrie gorgée de sang, de pleurs, de peurs et de sueur.

Affamés, crevant de froid, ces jeunes gens sont morts par milliers, par dizaines de milliers, oubliés des quelques « grands hommes » preneurs de décision. Ils sont morts pour rien, Français, Belges, Allemands, Anglais, Américains,… ; ils sont morts pour la folie de quelques-uns. Ils sont morts pour la France, pour la patrie, pour la liberté et parfois pour l'exemple, tués non par des mains ennemies mais par celles des leurs, pour éviter l'épidémie… Épidémie de désertion, épidémie d'auto-mutilation, épidémie de folie douce,… Et ceux qui en ont réchappés, s'ils ont survécu au gaz moutarde et à l'épidémie de grippe espagnole, ont passé le reste de leur pauvre vie à se demander pourquoi une telle folie !

 

« J'attendrai, tant qu'il le faudra, que cette guerre, dans toutes les têtes, soit ce qu'elle a toujours été, la plus immonde, la plus cruelle, la plus inutile de toutes les conneries, que les drapeaux ne se dressent plus, en novembre, devant les monuments aux morts, que les pauvres couillons du front cessent de se rassembler, avec leurs putains de bérets sur la tête, un bras en moins ou une jambe, pour fêter quoi ? »

 

Oui, pour fêter quoi, une victoire d'enlisement, une défaite préparatoire, car oui, il faut le dire, ce ruban gluant, puant, immonde et mortel, on le retrouve après juste trois jours, au début de la guerre 40-45…

Et quand je pense qu'il y en a qui imaginent qu'une bonne petite guerre serait la solution à tous nos problèmes, plus de chômage, plus d'immigration, une économie qui repart,…, je les vomis et j'ai honte pour eux qui finalement n'ont connu que la belle vie, la vie facile…

Un roman magnifique, un amour sans faille, une lecture qui mouille les yeux.

 

« Lui, Ange, le pauvre barbot de Marseille, l'enfant perdu de la rue Loubon, même s'il était le plus taré des Peu-Ceu-Deu-Feus, il voyait bien qu'aucune offensive ne rimait à quoi ce soit, sinon avec contre offensive, histoire de saler la note, et il s'était enfin rendu à l'évidence, comme n'importe qui avant lui, que cette guerre ne finirait jamais, simplement parce que personne n'était plus capable de battre personne, sauf à jeter armes et canons à la première venue des décharges publiques pour régler ça au cure-dents. »

 

« On avait sûrement mieux à faire dans cette tranchée, les 6 et 7 janvier 1917, que de balancer des condamnés à mort par-dessus le parapet pour économiser des cartouches. »

 

« Cette guerre ne finira plus, les Allemands se font crever, les nôtres aussi. Il faut avoir vu les Anglais se battre pour comprendre ce que c'est, le courage. Leur courage ne suffit pas, et le nôtre non plus, et celui des Boches non plus. Nous sommes enterrés dans la boue. Cela ne finira jamais. »

 

« Il reposait près d'un mur d'enceinte, profitant de l'ombre, sans fleurs ni couronne, mort pour la même raison, l'obscénité d'une guerre qui n'en avait pas, sinon l'égoïsme, l'hypocrisie, et la vanité de quelques-uns. »

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 16:27

 

Et je confirme, cette saga est bien une perle !

Comment je suis passée à côté pendant plus de trente ans, comment j'ai pu l'acheter sans jamais l'ouvrir, en la laissant juste s'endormir au milieu de mille autres romans, et bien, je ne sais pas…

Une merveille de sensations et de senteurs, des frissons d'amour et de haine, de larmes de joie et de peine.

L'auteur écrit avec son cœur et ça se sent, il écrit avec son amour de la terre provençale et ça se hume, il écrit avec sa passion des gens et ça explose en un feu d'artifice d'émotions.

Pour le deuxième tome de cette saga, il nous offre le champ de l'amour…

L'amour passion qui ne dure que peu de temps ; l'amour raison qui ne procure que de l'argent ; l'amour vengeance qui durcit les cœurs et les âmes ; l'amour infidèle qui libère les tares les plus folles ; l'amour paternel qui met parfois du temps à éclore ; l'amour canin qui toujours est fidèle, lui ; l'amour vrai qui dure et surmonte les trahisons, les désillusions, la maladie de vivre…

C'est un hymne à l'amour au cœur de la Provence au cœur d'une grande famille dispersée. C'est le roman d'une vie où jalousie, mépris et haine, les plaies que l'on rencontre si souvent, n'ont pas réussi à venir à bout du rythme synchrone de deux cœurs.

 

« Lancés droit l'un vers l'autre, semblables à ces deux étoiles qui feront la fin du monde avec leur chaleur et leur flamme et qui, depuis des trois mille ans, sont en course vers cette minute qui les consumera, ces regards de chair pleins d'âmes se sont touchés. Et accrochés l'un à l'autre, ils restent là comme deux bêtes amoureuses mortes dans leur passion. »

 

« C'est bien la première fois de toute notre vie qu'il me fait un baiser qui ne soit de bonjour ou d'adieu, un baiser exprès pour la tendresse. »

 

« Tu ne l'aimes pas toi, le pain que tu manges ? Et le vin que tu bois ? Et le sommeil qui te lève la fatigue ? Et l'air qui te coule dans les poumons. Olivier, c'est tout ça pour moi. »

 

« Faites poids et mesures, car comme vous mesurerez, il vous sera mesuré. »

 

« Les femmes, les bonnes femmes, c'est quelque chose, quand même ! C'est comme l'air qu'on respire, on y fait pas attention. Quand on l'a pas, cet air pour respirer, on meurt, mais quand on l'a, on en profite sans prendre garde que c'est ça qui vous fait vivre. »

 

Magnifique, les amis, le style, les mots et l'histoire… Je termine le challenge et je me lance dans la lecture des quatre derniers tomes ;-)

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 16:13

 

Un roman magnifique, une plume colorée et bien documentée, des personnages historiques, cruels et fabuleux, une période de l'histoire riche en rebondissements et surtout, une situation géographique plutôt exotique.

En effet, l'Histoire se vit ici par les yeux de trois sultans successifs de l'empire Ottoman de la fin du XVIIIème siècle au début du XIXème. On y aborde sa décadence, ses défaites, ses conflits politiques internationaux et surtout internes et finalement, sa reconversion difficile en un pays plus moderne.

On découvre un monde raffiné et barbare à la fois où la soif du pouvoir mène jusqu'à la trahison, jusqu'à la mort.

On s'émerveille aussi de ce microcosme fabuleux et cruel qu'est le harem. Une ville prison dans le palais, une hiérarchie presque militaire, une bataille de tous les jours où parfois le gagnant est le poison, un domaine où l'amour a peu de place et où le pouvoir peut tout. Un dépaysement complet dans un milieu très caché, très discret où les plus immenses richesses côtoient les plus grandes solitudes.

 

« Euphémia David, la diablesse ! Au commencement de tout, elle connaissait déjà la fin dernière et sa langue endiablée, plus longue que l'avenir, savait mieux qu'aucune autre épeler la dictée du Destin. »

 

« Les obstacles étaient légions. Il y avait les Janissaires, l'élite si férocement conservatrice de l'armée, trop jalouse de ses privilèges pour ne pas s'opposer aux réformes par tous les moyens, surtout les pires. Il y avait les oulemas, les religieux, obtus et intransigeants, accrochés à un fanatisme qui servait leur suprématie. Il y avait les notables de province, hostiles à tout changement de peur d'y perdre leurs intérêts et de voir mettre fin à leurs exactions. Il y avait les partis de la Cour, occupés à s'entre-déchirer à coup d'intrigues pour obtenir le pouvoir. »

 

« Les ardents révolutionnaires d'hier, aujourd'hui empanachés, bourgeonnant de titres récents et de décorations, paradaient avec les aristocrates d'avant-hier qu'ils avaient voulu guillotiner et les prélats qu'ils avaient voulu étriper. »

 

« Tant d'hommes veulent le pouvoir, tant d'hommes tuent et s'entre-tuent pour l'obtenir. Si seulement ils savaient ce que crée le pouvoir, cette responsabilité, ce fardeau de tous les instants. »

 

Le seul bémol pour moi est l'identité, voulue par l'auteur, du personnage principal, à savoir la sultane validé Nakshidil. L'auteur considère qu'il s'agit d'Aimée Dubuc de Riverie, cousine de Joséphine de Beauharnais, future épouse de Napoléon. Il en fait un personnage où l'amour est le principal ressort. Ainsi, la découverte de l'amour avec le sultan vieillissant Abdoul Hamid Ier, l'amour fou, passionné et exclusif pour le sultan Sélim et finalement l'amour maternel inconditionnel pour le sultan Mahmout II. Une belle histoire, un beau mythe aussi…

Après quelques recherches sur internet, j'ai découvert les « Lettres du Bosphore » écrites par la Comtesse de la Ferté-Meun durant son séjour oriental et publiées à Paris en 1820. Cette femme d'ambassadeur était présente en 1817 à Constantinople et a assisté à l'enterrement de la sultane Validé Nakshidil et voici ce qu'elle en dit :

« On dit que la sultane défunte était Française, d'origine américaine, et qu'elle était née à Nantes : on ajoute qu'à peine âgée de deux ans, ses parents s'embarquèrent avec elle pour l'Amérique, et qu'ils furent pris par un corsaire, qui les conduisit à Alger, où ils périrent. La petite fille fut achetée par un marchand d'esclaves, qui jugea, par sa beauté dans un âge si tendre, qu'elle pourrait un jour le dédommager amplement des soins qu'il lui prodiguerait... »

Voilà qui est bien embêtant pour l'hypothèse d'Aimée Dubuc qui a encore été vue à Paris, âgée de 15 ans, lors de sa présentation à la Reine Marie-Antoinette peu de temps avant la révolution française…

Repost 0
Published by Carine - dans Roman historique
commenter cet article
3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 16:07

 

Wouah, un vrai coup de cœur !

Magnifiquement bien écrit, une histoire qui sent le vécu, un monde merveilleux de rochers et de glace, aussi beau que monstrueux.

Une vie à part que celle de guide ; la montagne, c'est comme la mer, ça vous prend aux tripes et ça ne vous lâche plus.

Une force de caractère qui imprime aussi bien les hommes qui montent que les femmes qui restent ; une sensation de pure liberté qui enivre et fait voler les crampons ; une griserie vertigineuse qui progresse à coup de pitons et de rappels ; une responsabilité énorme sur les épaules les jours de grandes courses ; une immense détresse quand l'inacceptable arrive quand la montagne prend son écot sur ces minuscules humains si impétueux ; une vie dure et magique, pleine de grâce et de beauté, d'amitié et de respect, d'amour et de confiance.

Chamonix, ce n'est pas juste la découverte de nouveaux chemins dans les ravines, les montagnes, les cheminées, les glaciers, c'est aussi la vallée, pleine de touristes en quête d'air pur et de calme, en recherche de sensations fortes et excitantes, et c'est aussi les alpages et la transhumance, cette promenade carillonnante des troupeaux vers de verts et gras pâturages.

Chamonix, une destination de vacances où l'on oublie que les premiers chemins ont été tracés par des hommes du cru, vaillants et courageux, au péril de leur vie avec un équipement des plus rudimentaires, cordes, pitons et piolets, chaussettes de laine, mitaines et chandails.

 

« Le drame était sur la montagne, mais, impavide et souveraine, elle montait la garde sur les vallées d'alentour, insensible aux pensées des hommes qui gîtaient dans ses flancs, frileusement pelotonnés dans leurs cabanes de pierre. »

 

« Tu leur feras la fondue, la bonne polente aux oignons, le farcement aux pruneaux, les potées, le boudin aux pommes, l'omelette aux champignons. Les filles iront te chercher dans les bois Prin les chanterelles, les trompettes de mort, les morilles, et les gros bolets dans les pierriers, tu verras ! Je te dis que c'est ça qu'ils veulent manger, les monchus, et non ces sauces et ces viandes ratatinées qu'on leur sert sur des plats d'argent. T'inquiète pas, femme, tu es capable ! Pour ça oui ! Fais-les manger aussi bien que tu nous fais la soupe et ils seront contents. »

 

« Un sourire très doux se marque sur ses lèvres et l'espoir est revenu en elle, car rien n'est plus doux pour une jeune fille que de conspirer pour le bien de celui qu'elle aime. »

 

« Il fallait voir avec quels soins minutieux la préparait le petit Boule qui, pour une fois, saisi par la gravité de l'heure, ne riait plus. Ayant pesé un gros morceau de vrai gruyère d'alpage, il le découpa en fines lamelles dans un caquelon frotté à l'ail ; il arrosa le tout de vin blanc et se mit à diluer fromage et vin sur un feu vif jusqu'à ce que cela ne formât plus qu'une crème onctueuse et parfumée, qui bouillonnait doucement. Il y jeta deux verres de kirsch et continua à brasser. Pierre, étant venu l'aider, allumait un réchaud de table sur la table de cuisine, puis tous vinrent s'attabler autour du caquelon de terre où mijotait la fondue. »

 

Chamonix enfin, que de souvenirs, sa mer de glace, ses moraines et son sentier cristallin, juste un retour en arrière le temps d'un voyage d'études.

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 13:18

 

Une critique difficile à faire…

J'ai lu le roman il y a 40 ans, émerveillée, les yeux pleins d'étoiles, c'était merveilleux…

Je viens de le relire, l'attente des merveilles bien présente et aussi les yeux bien ouverts…

Où est-il le monde utopique, où est-elle la société si unie et heureuse, sûrement pas dans le passé et clairement pas dans le présent !

Eh oui, vous avez bien lu, la vie dorée d'Eléa et Païkan n'est qu'un leurre ; le travail juste un jeu, la nourriture du rien à base de rien, la vie de famille inexistante, les pauvres bien grisés, les étudiants bons à massacrer, reste l'amour déterminé par ordinateur qui n'est qu'une succession de coïts sublimés. Waouh, quelle vie magnifique, quel passé à recréer…

Et je ne parle même pas des incohérences scientifiques de cette utopie éblouissante.

Reste le présent, qui est toujours notre présent, qui nous jette à la figure cette main-mise des « marchands » sur les politiques, cette pression des « politiques » sur les militaires, cet emprise des religieux sur le peuple aveuglé, ce peuple lobotomisé qui marche comme un seul homme et finalement, cette société qui roule sur sa tête !

Une plume magistrale, un roman d'amour déplorable qui se résume en quelques phrases (je suis à toi, tu es à moi, je suis toi, tu es moi, nous sommes un, c'est presque de la religion!), pas vraiment de la science-fiction plutôt de la fantaisie pseudo réaliste, un peu déçue par cette relecture dont j'attendais beaucoup.

 

« Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà exténués d'aujourd'hui. »

 

« C'est prodigieux ce que le pouls peut apprendre sur l'intérieur d'un homme. Non seulement sur l'état momentané de sa santé, mais sur ses tendances habituelles, son tempérament, et même sur son caractère, selon qu'il est superficiel ou enfoncé, agressif ou introuvable, unique ou doublé, étalé ou pointu, soyeux ou râpeux, selon qu'il passe tout droit ou qu'il fait le dos rond. Il y a le pouls du bien-portant et celui du malade, il y a aussi le pouls du sanglier et celui du lapin. »

 

« Ils avaient honte. Honte de leur pudeur et honte de leur honte. La merveilleuse, la totale innocence d'Eléa leur montrait à quel point la civilisation chrétienne avait – depuis saint Paul et non depuis le Christ – perverti en les condamnant les joies les plus belles que Dieu ait données à l'homme. »

 

« Elle est belle, c'est certain, mais devant le cerveau de ce type, elle ne fait pas le poids. »

 

« La nuit des temps », c'est un peu l'histoire de l'Homme et là encore, Barjavel donne le ton juste :

 

« Et voilà ! Ils sont nous ! Ils ont repeuplé le monde, et ils sont aussi cons qu'avant, et prêts à faire de nouveau sauter la baraque. C'est pas beau, ça ? C'est l'homme. »

 

Pas la plus belle histoire d'amour de la SF, un roman magnifiquement écrit sur la connerie humaine...

Repost 0
29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 19:24

 

Au temps de l'Empereur Charles le Grand,

Une histoire : intrigues et rebondissements.

Deux domaines, deux familles, égales en dignité,

Un Comte surveille, avide et sans fierté.

Une mission impériale, arrivent les missi

Avec Rebelle, Goupil et Pansu, les investis.

Les meurtres commencent, les langues s'agitent,

Le peuple regarde et les nobles enragent.

La haine monte, cran par cran, et finit par exploser

L'amour se confirme et dans le sang, va s'expliquer.

 

Et le fou se retrouve devant la Cour Impériale,

Et les amants sont honorés d'un mariage royal.

 

 

« Tandis que, là-bas, nous avons pu apercevoir des fissures dans la splendeur, ici, je distingue de la vigueur dans notre austérité. »

 

« Les chiens que tu as lâchés, tu croyais qu'ils obéiraient toujours à ta voix. Mais ils sont là, sous tes yeux. Ils grondent et montrent les crocs, prêts à tout mordre… y compris toi-même. On ne déclenche pas impunément la sédition contre l'autorité. »

 

« Le hasard est le meilleur ami des enquêteurs… Encore faut-il qu'ils sachent le servir et s'en servir. »

 

J'ai adoré le style même si parfois il semble un peu rigide ; les personnages, bien campés et plein d'humour ; le cadre, tellement beau le pays d'Auxerre ; l'intrigue, pas si simple que cela et menée d'une main de maître par une équipe de choc.

Trop envie de découvrir les autres aventures des missi dominici et leurs trois compagnons au temps de Charlemagne, période de renaissance il faut quand même le dire !

Repost 0
26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 10:31

 

C'est cru, c'est vrai, c'est bouleversant aussi...

Tout est dit sans fioritures, sans délicatesse littéraire et ça marque !

Un livre court, vibrant de sexe et de haine, dégueulant d'alcool et de stupre, assourdissant de bruits et de blues, dégoûtant de dépravation et de racisme, dégoulinant de désir et de sang.

Une vision de l'Amérique qui ne la grandit pas, qui la plonge dans une mer de boue immonde et surtout sa jeunesse dorée si peu suivie, si peu cultivée.

C'est le roman de la vengeance ultime, la plus sale, la plus dégradante et qui se termine dans la mort crasse qui se passe de justice, cette belle justice bien blanche.

 

« Si vous n'avez jamais bu de bourbon glacé avec une paille, vous ne pouvez pas savoir l'effet que cela produit. C'est comme un jet de feu qui vous arrive sur le palais. Du feu doux, c'est terrible. »

 

Un auteur dont j'ai beaucoup entendu parler, un auteur sulfureux du siècle passé dont la prose n'a clairement pas vieilli, un auteur enfin que je n'avais jamais lu. Voilà qui est fait et je ne le regrette pas :-)

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 15:37

 

« Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un cœur simple sacrifié au bûcher du génie. »

Je me demande si la personne qui a écrit ce quatrième de couverture a lu le roman ou, juste interviewé l'auteure et mal compris son propos…

Pour ma part, s'il y a quelqu'un qui a été détourné du bon chemin, c'est bien le pauvre homme qui a enfin trouvé en cette jeune fille moins innocente qu'il n'y paraît une âme sœur en ce qui concerne son art !

Envoûtant, je ne sais pas, profondément lassant, c'est certain car la mesquinerie et la jalousie sont les déterminants de ce récit qui aurait pu être vraiment génial !

Si la forme est belle, légère, colorée et bien rythmée, si le fond est historiquement fidèle, l'introduction du personnage principal est tout à fait dérangeant car le modèle de « La fille à la perle » de Vermeer est sa propre fille et non une servante naïve et corruptible, ça gâche tout !

 

« Suivi un temps où tout sembla dépourvu d'intérêt. La propreté du linge, la promenade quotidienne au marché, le calme de l'atelier, bref, tout ce qui avait compté pour moi perdait soudain de l'importance tout en étant toujours là, comme ces meurtrissures qui disparaissent en laissant de petites bosses sous la peau. »

 

« Quand il finit par ajouter des couleurs au-dessus de ces « fausses » couleurs, je compris. Il passa un bleu pâle sur la jupe de la jeune femme et celui-ci se transforma en un bleu moucheté de noir, que l'ombre de la table rendait plus foncé, et qui s'éclaircissait près de la fenêtre. Au mur, il ajouta de l'ocre jaune, laissant entrevoir du gris, le rendant lumineux mais non pas blanc. »

 

« Un tableau dans une église est comme une chandelle dans une pièce obscure, on s'en sert pour mieux voir. Elle est un pont entre Dieu et nous-même, mais ce n'est pas une chandelle protestante ou une chandelle catholique, c'est juste une chandelle. »

 

Voilà, je n'ai pas été envoûtée et pourtant, j'aime l'histoire et la peinture ; je n'ai pas été éblouie et pourtant, la magie des couleurs est magnifiquement décrite ; je n'ai pas été transportée et pourtant, j'ai adoré l'ambiance de cette belle ville de Delft au XVIIème siècle.

Pas facile d'introduire un personnage dans l'Histoire quand elle se suffit à elle-même...

Repost 0
Published by Carine - dans Roman historique
commenter cet article
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 15:21

 

Si la première moitié du livre est un peu décevante par la caractère particulier, égoïste et finalement inintéressant de l'héroïne, la seconde moitié est une leçon d'amour qui tourne en longueur et en mièvrerie même si on s'y laisse prendre sans s'en rendre compte.

Un livre simple, d'une grande "humanité" téléphonée, dans lequel on se retrouve parfois avec nos propres interrogations... Un peu facile, même si le ton est bien ciblé et le rythme dans l’œil de l'ouragan !

 

« Dis-moi Philip, dis-moi pourquoi nos grandes nations envoient les hommes par légions pour faire la guerre, mais ne sont pas capables d'en envoyer quelques poignées pour sauver des enfants ? »

 

« Aux heures glaciales du premier matin, sur les pavés désertés de SoHo les bouteilles d'alcool qui dégorgent des poubelles éparses témoignent des délires de la nuit déjà consommée. Toute la ville dort, la gueule en bois. Seuls les bruits de quelques rares voitures viennent troubler le silence du quartier encore embrumé d'un voile d'ivresse. »

 

« Le paradoxe, c'est que je ne serai jamais ta mère, mais toi tu seras toujours ma fille. »

 

 

Un roman de vacances qui se lit trop vite, à garder pour un coup de blues et encore...

Repost 0
Published by Carine - dans Roman
commenter cet article
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 15:04

 

Ce qu'il y a de bien avec Dirk Pitt, c'est qu'on ne s'ennuie jamais ;-)

Et j'adore les déflagrations des grenades, les balles sifflantes, l'odeur du sang et de la sueur qui se mêle dans l'action.

Et je visualise si bien les opérations commandos préparées au poil qui pêchent par trop d'orgueil et qui ne doivent leurs réussites qu'à la chance et une poignée de héros ;-)

Et j'aime aussi les découvertes archéologiques réelles et/ou imaginaires que l'auteur nous offre et nous révèle en levant parfois un pan de voile sur certaines énigmes du passé.

Et bien oui, j'apprécie cet auteur qui nous fait profiter un peu de sa vie trépidante et extraordinaire avec une plume qui ne manque ni de panache ni d'humour.

 

« Vraiment extraordinaire. C'était un jour à marquer d'une pierre blanche. Avoir obtenu un rendez-vous avec les trois seules et uniques femmes, et chacune plus belle l'une que l'autre, dans un rayon de 3 000 kilomètres de désolation glacée, et cela en l'espace d'une demi-heure, c'était indiscutablement une forme de record. Il en était encore plus fier que de la découverte du sous-marin soviétique. »

 

« Les planches étaient soigneusement jointes par des tenons et des mortaises. La partie immergée était souvent renforcée par des plaques de plomb. Quand au reste, c'était en général du fer ou du cuivre. »

 

« Et, chose incroyable, la vieille voiture de collection, réduite presque à l'état d'épave, avait encore des ressources. Comme animée d'une volonté propre, elle alla chercher dans ses entrailles de fer et d'acier l'énergie nécessaire à produire un dernier et superbe effort. Les pneus avant mordirent la neige, et la Cord s'arracha pour franchir les derniers mètres qui la séparaient de la crête. »

 

A la fin du roman, je me pose quand même cette question : mais qui engendre ces démons qui détraquent la pensée d'un peuple en lui faisant croire les plus absurdes des conneries ?

Repost 0
Published by Carine - dans Thriller
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Carine
  • Le blog de Carine
  • : Pas de résumé, pas vraiment une critique, juste mes sentiments en quelques mots :-)
  • Contact

Recherche